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Edenred Paytech, le discret moteur à paiements du groupe / Une plateforme pour appuyer ses trois lignes de métiers

Au sein d’Edenred, Paytech gère sa plateforme d’émission, d'autorisation et de sécurisation de ses solutions de paiements. Un moteur qui accompagne le groupe sur ses trois métiers, lui qui poursuit activement sa diversification au-delà du ticket-restaurant.
(Photo : Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo : Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Edenred est connu pour être associé aux titres-restaurant. La Bourse tend d’ailleurs à se concentrer sur les évolutions réglementaires qui y sont liées. Mais ce serait oublier que le groupe marche désormais sur plusieurs jambes solides. Certes, les titres-restaurant représentent 40 % de son activité. Mais son modèle se compose de ses autres solutions d’avantages et bénéfices aux salariés (cartes-cadeaux, engagement…), de celles de la mobilité, qui s’étoffent de plus en plus autour d’une offre de mobilité électrique, ainsi que de ses solutions de paiement sur mesure.

Derrière ces différentes branches d’activité se situe un actif, méconnu du grand public, mais pourtant capital : Edenred Paytech. Son centre historique et technologique, installé à Swindon près de Londres – mais opérant aussi au travers d’une équipe internationale – permet aux solutions de paiement du groupe de se mettre correctement en musique, de leur émission à leur autorisation, de la surveillance de leur bon déroulement à leur compliance aux réglementations locales. « C’est, en quelque sorte, le cœur de notre réacteur », a expliqué Damien Périllat, directeur des solutions de paiement et nouveaux marchés (PSNM) d’Edenred. « Nous sommes de facto une entreprise de solutions de paiement fléché. Contrôler cet actif a une valeur stratégique », a poursuivi cet ancien dirigeant de chez Paypal.

 

Une tour de contrôle à 360 degrés

 

Il faut dire que ses prérogatives sont aussi multiples que centrales pour le groupe, puisque sa plateforme traite 1,6 milliard de transactions par an. Avec un objectif clair, mais complexe en ligne de mire : sécuriser et assurer le fléchage correct des paiements vers les bons bénéficiaires, au bon moment et pour le bon usage, le tout sans accroc d’exécution, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Elle opère pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud et bientôt pour le Japon, qui était jusqu’ici soumis à un régime d’autorisation locale.

Le site de Swindon, qui emploie plus de 300 ingénieurs, reflète ces différents champs d’action. Dans une salle, plusieurs dizaines d’écrans permettent par exemple de suivre en temps réel les pics d’utilisation des titres-restaurant dans diverses régions du monde, d’observer les temps d’exécution des paiements ou encore de détecter les cas d’erreur afin d’y répondre. La surveillance de la fraude s’y opère également grâce à plusieurs « lignes de défense » organisées.

Ces transactions dépassent celles liées aux tickets-restaurant. Edenred, qui émet 25 millions de cartes physiques et digitalisées par an, opère sur une multitude d’autres fronts. Certains développements y sont reliés, à l’instar des cartes émises par Edenred lors du dernier G7 à Évian, afin de permettre à ses 2 300 participants de se restaurer grâce à des titres-restaurant digitaux créés à la demande de l’Élysée. Mais parmi ses autres solutions de paiement figurent aussi celles liées à la mobilité (carburant, péage), des cartes digitales destinées aux travailleurs non bancarisés à Dubaï, ou encore un projet développé avec des assureurs qui permettra de flécher directement les fonds d’un sinistre vers les dépenses autorisées, sans que l’assuré n’avance les frais, là encore grâce à une carte digitale émise à dessein.

 

Capitaliser sur les données

 

Edenred Paytech présente plusieurs avantages, en tant qu’infrastructure commune à tous ses métiers : opérer à l’échelle afin de réduire les coûts de transaction, s’adapter aux priorités stratégiques de développement de produits, ou encore tirer parti de sa mine de données, entre autres. Grâce à leur exploitation par l’intelligence artificielle, des services à plus forte valeur ajoutée peuvent ainsi être proposés aux partenaires d’Edenred, notamment les restaurateurs, auxquels l’application peut permettre d’adresser des offres ciblées à leurs clients.

« Une multitude de cas d’usage supplémentaires peuvent être supposés. Le paiement, c’est de la donnée et pour acquérir des clients, il est nécessaire d’enrichir la valeur de notre offre. Bien exploitées, les données permettent de leur offrir du contexte et des informations utiles », a souligné Andrea Keller, directeur général d’Edenred Paytech. « Nous avons 60 millions d’utilisateurs qui viennent en moyenne huit fois par mois sur nos applications, la monétisation de cette audience auprès de nos partenaires est fondamentale. Nous voulons faire d’Edenred une application de destination, le compagnon de tous les jours, au-delà de son utilisation pour les paiements », a d’ailleurs indiqué le président-directeur général du groupe, Bertrand Dumazy.

 

Des acquisitions centrales

 

Edenred Paytech est entrée dans le giron du groupe il y a une vingtaine d’années, alors qu’elle n’était encore qu’une start-up et que le groupe souhaitait accélérer sa digitalisation. Son berceau londonien est également celui d’une autre jeune pousse sur laquelle Edenred a mis la main, en 2023, afin d’accélérer sa diversification : Reward Gateway, composant désormais Edenred Engagement aux côtés de Go Integro, acquise en Amérique du Sud la même année. L’idée était de s’attaquer au sujet de l’engagement des salariés sur un terrain moins financier que les titres-restaurant ou les mécanismes de partage de la valeur, mais tout aussi déterminant pour la performance des entreprises, d’après plusieurs études. La plateforme Edenred Engagement, qui représente environ 5 % du chiffre d’affaires du groupe, est divisée en plusieurs modules permettant de récompenser les salariés grâce à des messages d’encouragement visibles de tous, d’accès à des contenus liés au bien-être, ou encore à des réductions auprès d’enseignes partenaires du quotidien.

« Les deux tiers de nos revenus proviennent de nos abonnements, en fonction du nombre d’employés et des modules choisis. Le reste provient de l’argent dépensé par les employés sur la plateforme, auprès de nos commerçants partenaires qui nous rémunèrent à travers une commission d’apport d’affaires », a expliqué Thierry Aflalo, directeur général d’Edenred Engagement. À date, la plateforme est présente dans 13 pays, va bientôt se déployer en Inde et regroupe 9 millions d’utilisateurs, pour 600 clients. Parfois en s’implantant chez des entreprises déjà clientes du groupe, parfois en y poussant la porte. « Tout l’enjeu reste de pouvoir réaliser des ventes croisées », a résumé le dirigeant.

 

Accompagner les évolutions de la mobilité

 

L’une des autres grandes activités du groupe, restant moins connue que celle des tickets-restaurant, est celle de la mobilité, qui s’est historiquement construite autour des cartes carburant. Elle représente pourtant 25 % de ses revenus, avec un chiffre d’affaires opérationnel multiplié par deux entre 2021 et 2025. Leader en Amérique latine et quatrième acteur européen, sa plateforme se compose désormais d’un écosystème de services : péages, maintenance préventive ou curative, remboursement de TVA intracommunautaires, assistances clients 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, surveillance de la fraude. Elle est aussi en train d'accélérer pour répondre aux nouveaux enjeux des entreprises gérant des flottes professionnelles, particulièrement sur le plan de l’électrique.

Ces dernières années, Edenred a multiplié les acquisitions stratégiques en ce sens, à l’instar de la plateforme danoise Spirii, spécialisée dans la gestion à 360 degrés de la recharge électrique, de ses partenariats avec des opérateurs permettant de donner accès à plus d’un million de bornes de recharge en Europe ou encore, plus récemment, du rachat de TMH Solutions, qui lui apporte une expertise dans l’accompagnement des projets d’électrification des flottes. « Nous faisons face à des enjeux de transformation. La mobilité électrique sera appelée à grandir », a observé Diane Coliche, directrice générale d’Edenred Mobilité.

 

Articulation stratégique

 

Cette trajectoire s’inscrit dans le plan stratégique du groupe, « Amplify 25-28 », qui entend accompagner les gestionnaires de flottes dans leur parcours d’électrification, poussés en Europe par des objectifs réglementaires, qui entraîne ainsi une juxtaposition des modèles électriques et thermiques. D’une manière plus générale, le groupe entend faire évoluer ses solutions pour épouser les évolutions du monde du travail et de la mobilité

Ce plan s’articule autour de plusieurs piliers : acquérir de nouveaux clients sur des marchés de croissance, multiplier les opportunités de ventes additionnelles et croisées, augmenter l’utilisation de ses solutions et monétiser son audience. Le tout visant à exploiter le plein potentiel de sa plateforme globale d’avantages aux salariés, de mobilité professionnelle et de paiements B2B. Nul doute qu’Edenred Paytech continuera donc de jouer un rôle moteur central dans la bonne mise en œuvre de ces ambitions.

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