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Un serpent de mer du plein-emploi à repenser / Le nombre d’heures travaillées dans l’Hexagone constitue un défi tout aussi grand
Las, le plein-emploi, cet objectif affiché du second quinquennat d’Emmanuel Macron a peu à peu disparu des ambitions gouvernementales. D’autres sujets lui ont certes volé la vedette, néanmoins l’ambition présidentielle a peut-être également souffert d’une problématique pas toujours abordée de la bonne façon.
C’est ce qu’il ressort de la lecture d’une publication signée par plusieurs membres du Conseil d’analyse économique. Ces derniers arguent en effet que l’exercice descriptif auquel ils se sont livrés leur a permis d’identifier un certain nombre de "gisements de travail". Camille Landais, chercheur à la London School of Economics et président délégué de l’institution rattachée à Matignon, regrette que l’accent soit trop souvent mis dans l’Hexagone sur des politiques publiques à très faibles rendements.
Ciblerf
L’inventaire effectué par ses soins ainsi que ceux de ses coauteurs se targue "d’identifier les viviers de travail, c’est-à-dire les groupes qui disposent de marges d’augmentation de leur offre de travail ou qui font face à des frictions particulièrement puissantes ". Il reste désormais à trouver les politiques publiques pertinentes pour changer ce constat. Le message selon lequel il ne s’agit pas d’une question de moyens est à nouveau martelé puisque la France dépenserait "significativement plus que ses voisins dans les politiques de l’emploi, de formation et de marché du travail, pour des résultats plutôt mitigés. Il est donc crucial de se doter d’un cadre d’évaluation clair pour déterminer quel levier de politique publique activer en priorité ".
Pour contribuer au débat sur la question, il est avancé que le CAE va s’atteler à considérer le coût budgétaire total de chaque politique. Notamment en ce qui concerne les effets comportementaux engendrés et en particulier les implications sur l’élasticité de l’offre de travail. Le coût ou le bénéfice social de ces politiques sur les personnes visées devrait être chiffré dans les mois à venir.
Franco-français
Au premier rang des problématiques de l’Hexagone, il s’avère que "les jeunes sont le premier groupe de la population en sous-emploi relativement à l’Allemagne et au Royaume-Uni ". Une caractéristique en partie due au fait que ces autres pays ont davantage de jeunes qui travaillent tout en étudiant et à une plus forte proportion de Français qui ne sont ni en emploi ni en études.
A ces caractéristiques locales s’ajoute le constat que "l'insertion professionnelle des jeunes et, en particulier, des peu qualifiés est bien plus lente en France. Deux ans après la fin de leurs études, les jeunes sortis d’études à 18 ans ont un taux d’emploi plus faible en France de 15 points de pourcentage par rapport à l’Allemagne, de 30 points par rapport au Royaume-Uni". Autant de sujets de longue haleine face auxquels il est notamment suggéré de repenser les parcours éducatifs, d’autant plus que "même pour les jeunes qui sortent du système éducatif plus tard avec de meilleurs diplômes, l’insertion sur le marché du travail prend 1 à 2 ans de plus que chez nos voisins européens ".
Autre fait majeur dans l’Hexagone, nous sommes dans un pays qui se "distingue par des taux d’emploi inférieurs chez les jeunes et les seniors avec un décrochage dès 60 ans". En partie puisque là où emploi des individus âgés de 65 ans et plus, a pu augmenter dans les autres pays et ce en partie grâce aux plus qualifiés, demeure toujours peu significatif en France.
Manque de relais
Autant de données explicatives d’un problème tenant plus à " la faiblesse du taux d’emploi français et non pas au nombre moyen d’heures de travail par personne en emploi". Actuellement les Français travailleraient "en moyenne 100 heures annuelles de moins que les Allemands et Britanniques, et 300 heures de moins que les Américains" de ce fait.
Pour y remédier, la hausse du travail féminin a pu sembler un temps une solution, ayant contribué sur 20 ans à plus de 10 % de la hausse du nombre d’heures de travail par habitant. Notamment en raison de la hausse de leur niveau d’études, cette dynamique semble cependant s’atténuer avec le temps. Des solutions pour la relancer sont suggérées de longue date par le CAE.
Dernier volet abordé par l’institution : un nombre total d’heures de travail des peu qualifiés en chute libre (- 40 % pour les hommes sur 30 ans). Une évolution considérée comme propre à l’Hexagone et ne pouvant être expliqué par un facteur démographique. On attribue cette évolution à l' "effondrement du taux d’activité des moins qualifiés, chez les femmes comme chez les hommes, pointant un éloignement accru de ces populations du marché du travail". La recherche sur la question est pour l’heure considérée comme étant pour le moins lacunaire.
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