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France : un automne 2024 inquiétant pour l’emploi salarié privé / Plus grosse contraction depuis la pandémie
Le marché du travail français est-il à la veille d’un violent retournement ? Au quatrième trimestre 2024, l’emploi salarié privé s’est contracté, a rapporté l’Insee. Ce sont 50 100 destructions nettes d’emplois qui ont été enregistrées entre octobre et décembre.
En glissement trimestriel, cela correspond à une contraction de 0,24 % du volume total de l’emploi salarié privé. C’est bien plus que ce qu’anticipait l’Insee, qui misait sur "seulement" 3 000 destructions nettes d’emplois.
Une telle diminution n’avait plus été observée depuis le deuxième trimestre 2020 (-0,39 %, après -2,38 % entre janvier et mars 2020), trimestre pendant une partie duquel l’économie française était encore sous cloche du fait du premier confinement en raison de la propagation du covid-19.
Cette fois-ci, c’est l’incertitude, liée à la situation politique domestique et aux tensions géostratégiques, qui la gangrène. Comme un symbole, le Produit intérieur brut (PIB) s’est d’ailleurs contracté au quatrième trimestre (-0,1 %) alors que le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier était renversé à la suite de l’adoption d’une motion de censure, une première en 62 ans.
Sur le trimestre, tous les secteurs apparaissent touchés. Ainsi, entre fin septembre 2024 et fin décembre 2024, l’emploi salarié agricole baisse de 0,8 % (-2 400 emplois) tandis que l’emploi salarié privé industriel (hors intérim) diminue de 0,1 % (-3 200 emplois). C’est la première fois depuis fin 2020 que l’emploi industriel privé se contracte. Dans la construction l’emploi salarié privé (hors intérim) baisse pour le huitième trimestre consécutif : ‑0,5 % (‑7 800 emplois).
En outre, l’emploi salarié privé dans le tertiaire marchand hors intérim se replie, pour la première fois depuis le deuxième trimestre 2013 (année 2020 mise à part) à hauteur de ‑0,2 % (‑22 600 emplois), souligne l’Insee. En comptant l’intérim, la chute s’établit à 36 600 emplois (les intérimaires sont comptabilisés dans le secteur tertiaire marchand quel que soit le secteur dans lequel ils effectuent leur mission).
En décembre, l’Insee disait prévoir 19 000 destructions nettes d’emplois salariés privés pour le premier semestre 2025. D’après la Banque de France, l’emploi total devrait se replier jusqu’à début 2026. "Il serait affecté avec retard par le ralentissement de l’activité et par le rétablissement partiel des pertes de productivité observées depuis la période Covid", jugent les économistes de l’institut d’émission.
Selon l’enquête mensuelle de S & P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI), les effectifs du secteur privé français ont enregistré en janvier 2025 leur plus important repli depuis septembre 2020. Au sein des services, les entreprises ayant fait état de suppressions de postes ont fréquemment mentionné le non-remplacement de départs volontaires ainsi que le non-renouvellement de contrats temporaires.
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