Macro-économie / Taux / Compétitivité / Union européenne
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Compétitivité / Union européenne
Compétitivité : ce qui se dégrade en Europe / Il y a du travail sur (entre autres) l’intégration, les dépendances et l’investissement
Déjà plutôt mal en point, la compétitivité européenne se dégraderait sur plusieurs plans. Dans son nouveau rapport sur le marché unique et la compétitivité, la Commission européenne fait le point sur la question en scrutant l’évolution de 22 indicateurs de performance clés (KPI), tels que l'intégration dans le marché unique, la recherche et le développement, les dépenses et les prix de l'électricité.
Par rapport à la dernière évaluation, cinq s’améliorent, douze restent stables tandis que cinq se détériorent. Du côté de ces derniers, on trouve notamment l’intégration dans le marché unique. Le commerce de biens entre membres de l’Union européenne représentait 26% de son Produit intérieur brut (PIB) en 2022, contre 23,8% en 2018.
Le poids des échanges de services, lui, a reculé de 0,2 point à 7,6%. "Une part importante de la baisse récente de la valeur des échanges de marchandises peut être attribuée à la chute des prix de l'énergie, qui a réduit les prix des biens échangés, bien qu'il y ait également eu une baisse des volumes réels", explique la Commission européenne. "Notre succès économique repose sur un chiffre simple mais puissant : 450 millions de consommateurs. Le marché unique est, de loin, le moteur le plus important – et pourtant encore largement sous-exploité – de la compétitivité européenne", a déclaré Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle.
Par ailleurs, concernant les indicateurs afférents à la recherche et l’innovation, celui lié au capital risque fait grise mine. Il est relevé que l’investissement en capital risque pesait 0,09 % du PIB des Vingt-Sept en 2022 pour passer à 0,05% en 2023. "On estime que le marché du capital-risque de l'UE reste 10 fois plus petit que celui des États-Unis et 7 fois plus petit que celui de la Chine", commente la Commission européenne, qui déplore que de nombreuses entreprises européennes très innovantes sont limitées par un accès restreint au capital, ce qui les conduit souvent à rechercher des financements à l'étranger, voire à se délocaliser dans des environnements de financement plus favorables.
C’est l’investissement privé dans son ensemble qui a connu une mauvaise performance en 2023, se repliant de 19,3% du PIB en 2022 à 18,5% du PIB en 2023. "Par rapport à d'autres économies avancées, une part beaucoup plus faible de l'épargne privée de l'UE va directement dans l'investissement dans les entreprises et dans des formes d'investissement plus risquées. L'investissement productif est faible et l'épargne privée élevée", explique Bruxelles.
Surveillant également le comportement des variables liées à l’éducation et aux compétences, l’exécutif européen constate que les résultats des jeunes européens de 15 ans aux tests PISA de l'OCDE portant sur les mathématiques, la lecture et les sciences se dégradent. De plus, "ils sous-performent par rapport à leurs pairs au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Japon et en Chine", souligne le rapport.
Enfin, l'un des deux KPI du domaine "Commerce et dépendances stratégiques" affiche une santé en déclin. C'est le recul du poids du commerce dans le PIB avec le reste du monde qui est pointé. Alors qu'il égalait 17,4% en 2022, il se situait à 14,8% en 2023. Pour les services, le chiffre est passé de 7,8% à 7,4%. "Le commerce international est essentiel à la prospérité de l’UE. Il donne aux entreprises la possibilité de développer leurs activités à l’échelle mondiale, de créer des emplois et des revenus, de favoriser l’efficacité et de promouvoir l’innovation. Il contribue également à la sécurité économique européenne en sécurisant et en diversifiant les chaînes d’approvisionnement, ainsi qu’en important des intrants essentiels pour les entreprises européennes", rappelle la Commission européenne.
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