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Compétitivité
Compétitivité : où cela se détériore pour l’Union européenne / L'intégration du marché unique peut mieux faire
Certains pans de la compétitivité européenne vont de mal en pis. C’est ce que l’on apprend à la lecture d’un rapport de la Commission européenne sur la question. Pour ce faire, Bruxelles a scruté l’évolution de 29 indicateurs de performance clés (KPI) ayant trait au fonctionnement du marché unique, à l’innovation, à la décarbonation de l’industrie et investissements et au renforcement de la sécurité et à la réduction des dépendances.
Pour ce qui concerne l’intégration dans le marché unique, entre 2023 et 2024, le rapport note un recul de 1,5 point de Produit intérieur brut (PIB) des flux commerciaux transfrontaliers de biens entre les pays de l’Union européenne. Ils ont augmenté de 0,2 point en matière de services. « Les données commerciales ventilées suggèrent que ces évolutions peuvent, dans une large mesure, être attribuées aux fluctuations du commerce des produits énergétiques, liées à la forte volatilité des prix dans le sillage de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. Le commerce des services continue de se développer, bien qu’à un rythme lent, après le recul lié à la pandémie », indique le rapport.
Autre indicateur qui se dégrade : la part des directives du marché unique transposées pour lesquelles la Commission a engagé des procédures d’infraction en raison d’une transposition incorrecte. Il est exprimé en pourcentage du nombre de directives du marché unique notifiées à la Commission comme étant « transposées » ou « ne nécessitant aucune mesure de mise en œuvre supplémentaire ». Cela permet de suivre les progrès réalisés par rapport à l’objectif de remédier au manque d’appropriation du marché unique par les États membres. Après 0,9 % en 2024, le déficit de conformité a augmenté pour atteindre 1,1 % en 2025, restant nettement au-dessus de l’objectif de 0,5 %, avec de fortes disparités entre les États membres.
Par ailleurs, la durée moyenne de rédaction des normes va en augmentant, passant de 3,2 à 4 années. « Le système européen de normalisation est freiné par la lenteur du processus d’élaboration des normes, qui ne répond pas aux besoins du marché et de la législation, en particulier pour les nouvelles technologies. Au cours de la dernière décennie, le temps moyen nécessaire à l’établissement d’une nouvelle norme a progressivement augmenté, ce qui pèse sur la compétitivité de l’industrie européenne. Plusieurs facteurs contribuent à cette lenteur, notamment des méthodes de travail obsolètes et une sous-utilisation des technologies numériques », commente le rapport.
Du côté des problématiques liées à l’innovation, deux indicateurs font grise mine.
D’une part, le nombre de professions nécessitant des compétences ou des connaissances spécifiques pour la transition verte pour lesquelles au moins cinq États membres ont signalé une pénurie s’accroît fortement, doublant à 25. " Ces professions incluent notamment les plombiers et tuyauteurs (pénuries dans 20 États membres), les travailleurs de l’isolation, les ingénieurs civils et les mécaniciens en climatisation et réfrigération (14), les techniciens en génie civil (12) et les couvreurs (11) », détaille le rapport.
D’autre part, les performances des élèves de 15 ans aux tests PISA de l’OCDE couvrant les mathématiques, la lecture et les sciences se détériorent. Les scores moyens de l’UE au PISA ont diminué dans toutes les disciplines, et les élèves européens sont moins performants que leurs homologues du Royaume-Uni, des États-Unis, du Japon et de la Chine.
Enfin, les données concernant l’investissement du secteur privé sont décevantes. Il a diminué d’un point de PIB pour s’établir à 17,6 %. « Il se situe désormais au même niveau que celui des États-Unis, après être resté globalement stable et supérieur à celui des États-Unis ces dernières années », indique le rapport.
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