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Macro-économie / Taux / Etats-Unis / musique / Donald Trump / Chine

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Etats-Unis / musique / Donald Trump / Chine

Une étrange victime des droits de douane / Des choix de Trump aux conséquences inattendues

Un retour de Donald Trump à la Maison Blanche aux conséquences fâcheuses pour le marché des instruments de musique ? C’est bien possible à en croire Cullen Hendrix, chercheur au Peterson Institute, l'économiste en fait un cas d’école pour exposer les bénéfices de la spécialisation, des gains du commerce  ou encore de la segmentation du marché.
Guitare. Photo by Richard A. Brooks / AFP
Guitare. Photo by Richard A. Brooks / AFP

"Il y aurait beaucoup moins de guitaristes aux États-Unis si les seuls instruments disponibles étaient des guitares de fabrication américaine". Ce n’est pas l’argumentaire le plus communément déployé pour critiquer l’effet des droits de douanes tel que Donald Trump, président élu des États-Unis, promettait d’en instaurer pendant sa campagne. C’est pourtant celui retenu par Cullen Hendrix, chercheur au Peterson Institute, pour s’attaquer à cette volonté protectionniste. Il prend pour un exemple un marché, des instruments de musique, qui ne représente certes que 0,04 % des exportations mondiales mais permet de tirer certains enseignements à ses yeux.

Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), est quant à lui allé de son commentaire qualifiant cette prise de position telle un "exemple frappant de la raison pour laquelle le commerce peut être bon et les droits de douane mauvais, lisez cette merveilleuse chronique sur le commerce et la musique ". Une démonstration durant laquelle il est rappelé que "le marché des instruments de musique est très mondialisé, et les droits de douane menacés sur la Chine en particulier frapperont le marché d'entrée de gamme".

 

Pyramide

 

Il considère également qu’il est quelque peu ironique de s’attaquer à la mondialisation de l'industrie des instruments de musique, étant donné qu'elle "s'est plutôt bien déroulée pour toutes les personnes impliquées, y compris les États-Unis". Prenant pour exemple Fender Musical Instruments Corporation, le plus grand fabricant de guitares des États-Unis, il explique point à point que sa production est effectuée dans cinq endroits différents : la Californie, le Mexique, le Japon, l’Indonésie et enfin la Chine.

Des lieux différents correspondant à chaque partie de sa gamme, les modèles les plus coûteux étant produits sur le sol américain et les moins coûteux en Indonésie et en Chine. Un ensemble de pays à la compétitivité des coûts différentes en termes d'intrants et de main-d’œuvre, de quoi permettre à Fender d’être en mesure "de servir les marchés haut de gamme, de qualité collector, de milieu de gamme et de débutants,aux États-Unis et à l’étranger". Le chercheur veut y voir un exemple du fait que "la mondialisation met à la disposition d'une large gamme de produits à différents prix pour une base mondiale de consommateurs".

 

Château de cartes

 

Un marché aussi imbriqué ne retombant pas aussi vite sur ses pattes face à un tel changement. Il y a fort à parier que c’est l’ensemble de l’industrie qui sera pénalisé avec par exemple des barrières à l’entrée plus forte pour l’apprentissage. Cullen Hendrix est quant à lui persuadé que le nombre de joueurs de guitare serait réduit aux Etats-Unis si seule la production nationale leur était accessible. Selon ses calculs, les adolescents américains rêvant de marcher dans les traces de leur idoles devraient attendre de longues années avant d’avoir les moyens de s’acheter des instruments de musique fabriqués localement. La production des États-Unis pourrait également en pâtir en voyant ses guitares avoir accès à "un marché beaucoup plus petit si elles ne pouvaient pas être vendues dans le monde entier".

Il faut dire qu’une possible guerre commerciale avec la Chine ne manquerait pas d’avoir des conséquences notables, puisque parmi les dix principaux exportateurs qui représentent 84 % des exportations mondiales, c’est bel et bien "la Chine et l'Indonésie [qui] sont les plus grands exportateurs et ont d'importants excédents commerciaux. Les pays ayant les plus grands déficits commerciaux d'instruments de musique sont les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie", et ce même si les États-Unis sont eux-mêmes un grand exportateur.

L’économiste argue certes que "la production peut se déplacer vers d'autres pays, l'Indonésie étant un candidat probable pour prendre des parts de marché", cependant il expose également que les produits seraient toujours 10 à 20 % plus chers que précédemment. Les coûts de la réorganisation de ces chaînes de production ou du déplacement de la production hors de Chine afin d’éviter les droits de douane américains seront en fin de compte supportés par les consommateurs que ce soit aux États-Unis ou dans le reste du monde. Cullen Hendrix ne parle pas uniquement de coûts mais se fait également l’écho de " fabricants d'instruments américains [qui] ne veulent pas produire d'instruments d'entrée de gamme, car ce serait une énorme mauvaise allocation de leur main-d'œuvre hautement qualifiée, rare à l'échelle mondiale".

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