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Régulation / Concurrence / cognac / Brandy / droits de douane / Chine / Union européenne

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Cognac : la Chine n’en fait toujours qu’à sa tête / L’enquête anti-dumping prolongée jusqu’au 5 avril 2025

Alors qu’elle devait s’achever le mois prochain, l’enquête anti-dumping lancée par les autorités chinoises en début d’année contre les importations de spiritueux européens durera jusqu’au 5 avril 2025, a prévenu Pékin ce mercredi. Une décision qui pénalise toujours plus la filière de brandys et de Cognac française et dont le nouveau gouvernement Bayrou, et en particulier Laurent Saint-Martin qui vient d’hériter du ministère du Commerce extérieur, va devoir se saisir au plus vite.
Cognac (Photo by CFOTO / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Cognac (Photo by CFOTO / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

L’épée de Damoclès va planer plus longtemps que prévue au-dessus de la tête des producteurs français de brandys et de Cognac. Alors que l’enquête anti-dumping sur les importations de liqueurs en provenance de l’Union européenne lancée par le ministère du Commerce chinois en janvier dernier devait se conclure le mois prochain, Pékin a fait savoir ce mercredi que celle-ci serait finalement prolongée jusqu’au 5 avril 2025. Le dossier serait en effet jugé "complexe", par les autorités chinoises.

Une mauvaise nouvelle pour la filière française qui doit, depuis le 11 octobre, déposer obligatoirement une caution ou d’une lettre de garantie (allant de 30 à 39 % selon la valeur de la marchandise) après des douanes sur leurs exportations vers la Chine. Une mesure qui n’a pour l’instant pas de date d’expiration. "Notre filière est prise en otage, nous sommes des victimes collatérales d’un conflit entre l’Europe et la Chine sur les voitures électriques. C’est insupportable. Notre filière ne peut pas être sacrifiée pour des véhicules électriques", avait alerté Florent Morillon, président du Bureau National Interprofessionnelle du Cognac (BNIC), lors d’une audition par la Commission des affaires économiques du Sénat, en octobre dernier. Il faut dire que la Chine est le deuxième marché de la France à l’exportation sur les spiritueux, représentant 25 % du marché, derrière les Etats-Unis. "Les vins et spiritueux, ce sont 16 milliards d’euros à l’exportation. La Chine représente à elle seule 800 millions d’euros, […] il n’y a pas de futur pour la filière sans exportation" avait complété Nicolas Ozanam, délégué général de la Fédération des exportateurs de vins et de spiritueux (FEVS).

Pour mémoire, le bras de fer sur les taxes douanières entre la Chine et l’Union européenne trouve son origine lorsque cette dernière a décidé d’imposer des taxes sur les véhicules électriques à batteries chinois exportés sur le Vieux continent. En octobre dernier, elle a ainsi adopté, avec le soutien de la France, jusqu’à 35 % de droits de douane supplémentaires (en plus de 10 % déjà en vigueur).

Certes, pour tenter d’apaiser les tensions, Sophie Primas, alors ministre déléguée au Commerce extérieur (remplacée depuis ce lundi par Laurent Saint-Martin) s’était rendue à Shanghai pour essayer de convaincre la Chine d’épargner la filière Cognac, sans succès. L’ancien Premier ministre, Michel Barnier, devait, en conséquence et à la demande du chef de l’Etat, s’y rendre en au cours du premier trimestre 2025. C’était sans compter la censure du gouvernement le 4 décembre dernier. La Commission européenne a quant à elle saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en novembre pour contester officiellement les droits de douane chinois provisoires, la première étape au déclenchement d’une procédure de règlement des différends au niveau international.

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