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ACEA / CAFE / commission européenne

Les constructeurs automobiles pressent l’Europe à prendre position sur les règles relatives au CO2 / La Commission européenne veut de son côté engager un dialogue stratégique

L’année 2025 se rapproche à grands pas et, par la même occasion, le durcissement des règles relatives aux émissions de CO2 pour les constructeurs automobiles. Le bientôt ex-président de leur lobby, le dirigeant de Renault Luca de Meo, a lancé un nouvel appel cette semaine à une révision des sanctions financières qui devraient leur être imposées. Le dialogue stratégique sur l’avenir de l’industrie, qui sera lancé en janvier par la Commission européenne, lui semble en effet trop lointain.
 (Photo by Martin Bertrand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Martin Bertrand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Le compte à rebours jusqu’à la fin de 2024 est lancé. Et la nouvelle année devrait avoir une saveur particulière pour les constructeurs automobiles européens, qui feront face au durcissement de la norme "Corporate Average Fuel Economy" (CAFE), réduisant le volume des émissions de CO2 par véhicules neufs vendus, sous peine de pénalités financières.

Luca de Meo, le directeur général de Renault, qui cédera son siège de président de l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) en janvier au patron de Mercedez-Benz dans le cadre de la présidence tournante du lobby, a d’ailleurs fait savoir cette semaine : "Sans une déclaration politique claire de la Commission européenne d’ici fin 2024, comme le réclament également les gouvernements allemand, français, italien et d’autres gouvernements européens, l’industrie automobile risque de perdre jusqu’à 16 milliards d’euros de capacité d’investissement en payant des pénalités, en réduisant la production, en regroupant ses activités avec des concurrents étrangers ou en vendant des véhicules électriques à perte".

 

De nombreux sujets

 

Une déclaration prenant la suite d’une autre de la Commission européenne, qui a indiqué le 19 décembre que sa présidente, Ursula von der Leyen, allait lancer dès janvier un "dialogue stratégique" sur l’avenir de l’industrie automobile. Au programme : renforcer l’innovation et la digitalisation du secteur, permettre de soutenir sa demande et ses ressources financières, la résilience des chaînes de valeur, supporter sa décarbonation, simplifier et moderniser le cadre réglementaire… Une vaste palette de sujets pour une industrie engagée dans des plans d’investissements d’électrification massifs mais soumise à de fortes pressions, notamment en raison d’une concurrence internationale féroce et d’une demande de véhicules électriques bien terne.

"Les membres de l’ACEA ont promis d’investir 250 milliards d’euros dans la transition vers une mobilité verte et, comme tout le monde, nous voulons que cela réussisse. Malheureusement, il faut honnêtement admettre que la transition ne se déroule pas comme prévu et que s’en tenir à la rigidité juridique conduit à des dommages potentiellement irréversibles. La flexibilité juridique, au contraire, permettra de maintenir les investissements et la transition sur la bonne voie", a soutenu Luca de Meo. Selon les chiffres de l’association, les ventes de véhicules électriques stagnent aujourd’hui à 13 % de parts de marché, soit dix points de pourcentage en dessous du niveau requis à l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de CO2.

 

Toutes les parties prenantes

 

La Commission européenne assure quant à elle que ce dialogue stratégique réunira les parties prenantes clés du secteur, dont les constructeurs automobiles, les fournisseurs d’infrastructures, les associations, etc. Le Conseil et le Parlement européen seront aussi inclus dans le processus et informés et consultés en vue de la tenue de ce dialogue, ceci alors que le Parti populaire européen (PPE), a par exemple adopté récemment un document de position demandant, justement, à adapter un certain nombre de réglementations entourant l’industrie automobile.

Parmi elles : les sanctions financières relatives à la norme CAFE, ou encore l’interdiction de produire des véhicules thermiques neufs à compter de 2035, en favorisant par exemple une approche multi-technologique. Néanmoins, pour le président de l’ACEA, le temps presse. "Attendre le début du dialogue stratégique de la Commission sur l’avenir de l’industrie automobile ou la révision de la législation sur le CO2 en 2026 n'est pas une option, aussi bienvenue et nécessaire soit-elle. Les constructeurs ont besoin de clarté dès maintenant pour finaliser leurs stratégies de conformité, en concluant des accords de regroupement et d’autres dispositions pour 2025", a pointé Luca de Meo.

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