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France : la Commission européenne prévoit un déficit public inférieur à 5 % du PIB en 2026 / Il serait toutefois supérieur à l’objectif du gouvernement
En matière de prévisions macroéconomiques, la Commission européenne n’est pas totalement alignée sur le gouvernement français. Bruxelles juge que la croissance hexagonale devrait atteindre 0,9 % en 2026, quand l’exécutif s’attend à une hausse de 1 % du Produit intérieur brut (PIB). "L’incertitude économique et politique intérieure devrait peser", souligne la Commission européenne.
Au-delà du niveau, Bruxelles est en désaccord avec le gouvernement quant à la composition de la croissance. En effet, l’exécutif européen escompte une progression de 0,6 % de la consommation, contre 0,9 % selon le gouvernement. L’écart est encore plus criant concernant l’investissement (1 % contre 2,2 %). De sorte que les exportations nettes devraient contribuer à hauteur de 0,4 point de pourcentage à la croissance, d’après Bruxelles, quand le scénario macroéconomique du projet de loi de finances (PLF) parie sur une contribution négative de 0,1 point.
Rappelons que, contrairement à ce qu’attendait alors le gouvernement, la croissance avait été surtout portée par le commerce extérieur en 2024, ce qui avait été une des raisons du dérapage des finances publiques (la TVA représente près de 20 % des prélèvements obligatoires et est très dépendante de la consommation des ménages).
En 2026, la Commission européenne estime que le déficit public français représentera 4,9 % du Produit intérieur brut (PIB). "Les mesures augmentant les recettes prévues dans les prévisions représentent 0,6 % du PIB et incluent, entre autres, la prolongation de la contribution exceptionnelle des grandes entreprises et de la surtaxe sur les hauts revenus, ainsi que la non-indexation des barèmes de l’impôt sur le revenu. Les mesures de réduction des dépenses, pour quelque 0,4 % du PIB, comprennent le gel des pensions et d’autres prestations sociales", indique la Commission. Elle juge que le ratio des recettes publiques rapportées au PIB devrait augmenter d’environ un quart de point, tandis que le ratio des dépenses publiques devrait diminuer d’un tiers de point (au sein de ces dernières les paiements d’intérêts devraient croître pour atteindre 2,5 % du PIB).
Le gouvernement a un objectif de déficit public à 4,7 % du PIB, mais il est prêt à accepter qu’il s’établisse jusqu’à 4,9 % dans le cadre des concessions à faire au Parlement. Pour mémoire, 0,1 point de PIB représente 3 milliards d’euros.
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