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Carrefour / Autorité de la concurrence
Carrefour autorisé à reprendre 25 magasins Casino… qu’il a déjà rachetés / Une dérogation qui se solde néanmoins par des conditions
Une autorisation qui intervient a posteriori. Par son pouvoir de contrôle des concentrations, l’Autorité de la concurrence vient de donner son feu vert au rachat de 25 magasins sous enseigne Casino par son concurrent, Carrefour. Ceux-ci (et leurs salariés) sont déjà néanmoins passés sous enseigne Carrefour en mai dernier.
De fait, le 7 mars dernier, le groupe présidé par Alexandre Bompard avait notifié au gendarme de la concurrence son projet d’acquisition de ces magasins, mais afin de tenir compte de la situation économique difficile du groupe stéphanois, l’Autorité avait accordé à Carrefour, à sa demande, une dérogation à effet suspensif du contrôle des concentrations. "Conformément au régime applicable, cette dérogation qui a permis à Carrefour de réaliser l’opération sans attendre la décision de l’Autorité, ne préjugeait en rien de la décision finale prise par l’Autorité, qui à l’issue de son instruction et de son analyse concurrentielle pouvait remettre en cause certaines des acquisitions en considérant que des remèdes seraient nécessaires dans les zones où a concurrence serait insuffisante pour les consommateurs après l’opération", précise toutefois le gendarme de la concurrence présidé par Benoît Cœuré.
Pour mémoire, ces 25 supermarchés et hypermarchés font partie d’une vague de 288 magasins, dont Casino avait acté la vente à Auchan et Intermarché.
Et si après examen de l’opération de rachat, l’Autorité a finalement autorisé Carrefour à prendre le contrôle de ces points de vente, elle n’en a pas moins émis quelques réserves en la conditionnant à la vente de deux de ses magasins, l’un à Argenteuil, l’autre dans le deuxième arrondissement de Paris (boulevard Poissonnière), "afin que les consommateurs puissent bénéficier d’alternatives suffisantes pour faire jouer la concurrence pour les achats de produits de grande consommation", explique-t-elle.
L’Autorité de la concurrence a en effet considéré que, dans ces zones de chalandise des anciens magasins du groupe Casino, Carrefour renforcerait significativement son pouvoir de marché à l’issue de l’opération, "sans alternatives crédibles et suffisantes de nature à discipliner son comportement concurrentiel ", concluant que "cette situation risquait notamment d’entraîner un appauvrissement de la diversité de l’offre, de la qualité du service ou une augmentation des prix au détriment des consommateurs dans les zones concernées". Une demande acceptée par Carrefour qui s’est engagé à céder, à un ou plusieurs concurrents, les magasins ciblés.
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