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France : l’emploi salarié privé se contracte / C'est une première depuis près de trois ans
Voilà une bien mauvaise nouvelle pour le marché du travail français. L’emploi salarié privé s’est contracté de 0,1 % entre juillet et septembre, d’après les données publiées par l’Insee ; cela correspond à 17 700 destructions nettes d’emplois. Le fait que l’emploi salarié privé recule est une première depuis le quatrième trimestre 2020, période au cours de laquelle un deuxième confinement avait été organisé pour diminuer la propagation du Covid-19.
L’emploi salarié privé excède son étiage d’un an auparavant de 0,7 % (près de 140 000 emplois) et celui d’avant la crise sanitaire (fin 2019) de 6 % (soit 1,2 million d’emplois). Dans le détail, au troisième trimestre, "l’emploi intérimaire baisse pour le troisième trimestre consécutif : -1,9 % (soit -15 300 emplois) après -0,5 % au deuxième trimestre (soit -4 300 emplois) et -2,5 % au premier trimestre (soit -20 400 emplois)”, souligne l’Insee.
Hors intérim, l’emploi salarié privé a baissé de nouveau au troisième trimestre dans la construction : -0,3 % (soit -4 800 emplois) après -0,5 % (soit -7 300 emplois) au printemps. Il faut dire que l’activité du secteur est en baisse depuis le début de l’année dans un contexte de forte augmentation des taux d’intérêt. En outre, toujours hors intérim, des destructions nettes ont été enregistrées dans le tertiaire non marchand -0,2 % (soit -4 200 emplois), après une stabilité entre avril et juin.
Les difficultés naissantes du marché de l’emploi ne surprennent pas les conjoncturistes. En effet, la croissance trimestrielle moyenne du Produit intérieur brut (PIB) a fondu de plusieurs dixièmes de points de pourcentage au cours des dix-huit mois écoulés alors que la hausse annuelle des prix à la consommation a atteint des sommets en quarante ans.
Autre facteur pesant sur l’emploi : le redressement de la productivité du travail qui s’affiche en baisse de 6 % par rapport à sa tendance pré-crise pandémique. “La baisse des soutiens publics aux entreprises associée à la sortie du "quoi qu’il en coûte" et aux remboursements des Prêts garantis par l’État ainsi que le retour de la durée du travail à son niveau de 2019 devraient conduire à rattraper une partie des pertes de productivité observées”, anticipe l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Si bien que "l’emploi salarié devrait se contracter à l’horizon de la fin 2024”, escompte l’OFCE, qui s’attend à 53 000 destructions nettes d’emplois l’an prochain. Les économistes de la Banque de France partagent plutôt cette analyse et estiment qu’en conséquence, le taux de chômage progressera de plusieurs dizaines de points de base en 2024 et en 2025.
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