Macro-économie / Taux / Allemagne / PIB / IFO / reprise
Macro-économie / Taux
Allemagne / PIB / IFO / reprise
Reprise différée en Allemagne
L’Allemagne va devoir encore attendre. Le Produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne ne devrait augmenter "que" de 2,5 % cette année, selon l’institut de recherche Ifo, qui a révisé à la baisse (sa dernière prévision datait de la mi-juin) de 0,8 point sa prévision de croissance – après une chute du PIB de 4,6 % en 2020. À l’inverse, l’institut a révisé à la hausse sa projection pour 2022 de 0,8 point également, à 5,1 %. "Annoncée initialement pour l’été 2021, la reprise vigoureuse attendue à la sortie de la crise de Covid-19 continue de se décaler", analyse Timo Wollmershaeuser, directeur des études conjoncturelles de l’institut Ifo.
Au total, le point d’arrivée pour l’Allemagne est quasi-identique quand on compare les deux prévisions de l’Ifo : en 2022, l’économie se trouvera 2,8 % au-dessus de son niveau de 2019 – contre 2,6 % dans sa prévision de juin (on a appris entre-temps que la baisse du PIB en 2020 a été légèrement moindre qu’escomptée).
Ce rebond ajourné de l’économie allemande trouve son origine dans les pénuries d’approvisionnement qui affecte l’un de ses piliers : l’industrie (elle représente environ 20 % du PIB). "L’augmentation soudaine de la demande mondiale de biens durables, d’articles électroniques et de certains produits médicaux pousse les fabricants des produits primaires indispensables à la production de ces marchandises aux limites de leurs capacités", explique ainsi Tim Wollmershaeuser. Les prestataires de services ont connu quant à eux une nette reprise au cours de ces derniers mois, ayant bénéficié de l'assouplissement progressif des restrictions liées à la pandémie au début de l'été. "La conjoncture allemande présente une image très contrastée", constate l’Ifo.
Si les économistes de l’Ifo estiment qu’il n'est pas encore possible de juger si le pic des goulets d'étranglement a déjà été atteint, ils font le pari qu'ils deviendront moins importants d'ici la fin de l'année. En fait, leur scénario central fait l'hypothèse que la modification de la structure de la demande (appétence pour les biens durables au détriment des services) observée dans le monde entier à la suite de la pandémie s’inversera progressivement, éliminant ainsi l'une des causes des goulets d'étranglement de l'offre.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

