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Régulation / Concurrence / Régulation / Banque-assurance

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Régulation / Banque-assurance

Les banques américaines pourraient faire le bonheur de leurs investisseurs

Les contraintes en capital mises en place après la crise de 2008 obligent les banques à disposer d’un coussin de sécurité en cas de choc. L’administration Trump souhaite revenir sur ces contraintes afin de relancer l’activité des banques. Et ainsi retourner plus de 100 milliards de dollars aux investisseurs.
Bourse d'argent
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Donald Trump pourrait devenir l’ami des investisseurs, avec sa volonté de déréguler le secteur financier. En effet, le fait d’abroger plusieurs règles et libéraliser l’activité des banques pourraient permettre à ces dernières de retourner pas moins de 100 milliards de dollars aux investisseurs via le versement de dividendes extraordinaires et de programmes de rachats d’actions. Une manne sur lesquels les investisseurs et les marchés ont misé dès vendredi dernier, les banques ayant atteint leur plus haut niveau depuis le jour de l’élection Donald Trump, le 8 novembre dernier. JP Morgan Chase et Citigroup grimpaient ainsi de 3% vendredi à New York, pendant que l’indice KBW Nasdaq Bank gagnait 2,2%, cet indice ayant augmenté de 24% depuis le 8 novembre, contre 7,4% pour le S&P 500.

Certes, le retour en arrière de l’administration Trump sur la régulation financière est encore assez floue dans son objectifs et les nouvelles règles qui entreraient en vigueur, mais cela risque dans tous les cas de décapitaliser les bilans. Car après la crise de 2008, les banques américaines comme partout dans le monde ont du déléverager leurs bilans, en mettant plus de capitaux en face des risques pris. Par construction, si on les autorise à prendre plus de risques, elles n’auront plus besoin de bloquer autant de capital. Aussi, selon les estimations, les six plus grosses banques américaines ont un excès de capital lié aux contraintes réglementaires de 101,57 milliars de dollars, selon le cabinet de recherche RBC Capital Markets. Selon lui, Citigroup disposerait de 25,7 milliards de dollars de surplus en capital, alors que JP Morgan aurait 20,3 milliards, Wells Fargo 16,4 milliards, Bank of America 14,1 milliards, Goldman Sachs 12,4 milliards et Morgan Stanley disposerait de 10,9 milliards de dollars en excès. De son coté, Morgan Stanley estime que la réserve globale en capital des 18 plus grosses banques du pays atteint plus de 120 milliards de dollars. Des chiffres qui font tourner la tête.

Mais outre un retour sur la loi de Dodd-Frank et la règle Volcker, qui ont fait l'objet d'un décret dès vendredi, ce sont les pressions que l’administration Trump pourrait faire peser sur la Fed et son implication dans les réglementations internationales qui sont inédites. C’est d’ailleurs déjà le cas avec la lettre adressée par le sénateur républicain Patrick McHenry à Janet Yellen la semaine dernière, lui intimant de cesser toute discussion sur la régulation bancaire internationale. Sans pouvoir agir directement sur les besoins en capitaux des banques via des textes précis, l’administration Trump pourra en revanche influencer les besoins en capitaux, en pesant sur l'ampleur des stress tests de la Fed et leurs hypothèses ou encore via la nomination de sbires trumpistes pour peser dans les discussions. Ce qui est sûr, c’est que les coussins de capitaux dont les banques devaient disposer jusqu'à présent en cas de choc pourront être revus, les banques demandant depuis plusieurs années à ce que cette contrainte soit assouplie. Un coussin de sécurité souvent aussi perçu par les investisseurs comme un frein aux rendements délivrés par les banques. Reste à voir comment Donald Trump agira dans la pratique pour libérer de telles sommes. Mais surtout, une question demeure : si les Etats-Unis, et la Fed en particulier, sont appelés à ne plus participer aux discussions sur la réglementation bancaire internationale, que va-t-il advenir de Bâle IV ?

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