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Mais à quoi joue Martin Schulz ?

Alors qu’il avait promis de céder le perchoir du Parlement européen début 2017, le social-démocrate allemand se verrait bien garder son siège. En outre, le Spiegel annonce que l’homme serait sur les rangs pour remplacer Angela Merkel.
Martin Schulz - François Hollande - Elysée
Martin Schulz - François Hollande - Elysée

Martin Schulz, président du Parlement européen, est un véritable animal politique. Ce bourreau de travail, qui œuvre depuis près de cinq ans à rendre visible et audible l’hémicycle du Vieux Continent, semble ne pas vouloir lâcher son poste. Pourtant, le social-démocrate allemand a fait la promesse, lorsqu’il a été reconduit au perchoir en 2014, de laisser sa place à un membre du parti populaire européen (PPE, droite) début 2014. Mais l’échéance se rapproche, et l’instabilité de l’Europe lui offre des arguments sur un plateau d’argent pour justifier une reconduction. Parallèlement, le Spiegel a annoncé que l’homme, qui a passé 20 ans en Europe, pourrait être le candidat social-démocrate dans la course à la chancellerie fédérale de septembre 2017. Les deux options semblent alléchantes pour ce grand stratège, qui ne s’est pour l’instant pas exprimé publiquement sur ces sujets.

Pour mémoire, le Parlement européen est élu au suffrage universel et Martin Schulz a atteint un record de longévité à sa tête. Selon un accord entre la gauche et la droite, la présidence revient alternativement à chacun tous les deux ans et demi. L’Allemand a été reconduit à la suite des élections européennes de 2014 alors même que le PPE est en supériorité numérique en termes de sièges. Mais sa capacité à fédérer et le fait qu'il ait perdu face à Jean-Claude Juncker lui ont permis de rester. Côté droit, plusieurs noms ont déjà été évoqués pour prendre la succession de Martin Schulz, comme les Français Alain Lamassoure, qui vient de laisser sa place de chef de la délégation française PPE, ou encore celui d’Elisabeth Morin-Chartier et Françoise Grossetête. Il y a également des personnalités d’autres nationalités évoquées, telles qu’Antonio Tajani, Alojz Peterle et Mairead McGuinness.

Si le PPE se crispe à l’idée que Martin Schulz, ancien libraire de son état, puisse rempiler et ne pas respecter l’alternance, l’Allemand a déjà obtenu des soutiens de taille. A commencer par celui de Jean-Claude Juncker, patron de la Commission européenne, pourtant estampillé à droite. Les institutions européennes ont besoin de « stabilité » et doivent être « pilotées de la même manière pendant les deux ans et demi à venir », a-t-il expliqué au Spiegel, dans une interview commune avec Martin Schulz. Ce dernier a aussi obtenu l’aval de Gianni Pittella, chef de fil du groupe socialiste au Parlement européen. Et il chercherait également à faire sortir du bois le Président français, François Hollande. A noter qu’en 2014, il avait obtenu le soutien d’Angela Merkel.

Sigmar Gabriel, social-démocrate, vice-chancelier et ministre de l’Economie et de l’Energie d’Allemagne fait également partie des promoteurs de Martin Schulz au niveau européen. Il faut dire que le numéro deux d’Angela Merkel, plutôt faible politiquement, serait le candidat naturel du SPD aux élections fédérales allemandes de l’an prochain. D’ailleurs, Martin Schulz a lui-même indiqué que le vice-chancelier était le « candidat légitime ». Il n’a néanmoins pas fermé la porte à d’autres options.

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