Cabinets d'avocats : les recettes d'une succession réussie
Les fondateurs du cabinet De Pardieu Brocas Maffei sont en train de terminer de passer la main. La boutique a annoncé début décembre le renouvellement de sa gouvernance au vu d'un prochain départ à la retraite de son dernier fondateur Thierry Brocas. Ainsi, Emmanuel Fatôme, spécialiste de la matière immobilière, a été nommé managing partner, tandis qu'Emmanuel Chauve et Philippe Guibert, membres du directoire, seront chargés de la gestion du cabinet à compter du 1er janvier prochain. Outre les différents mouvements d'hommes, la firme a réfléchi depuis longtemps à son positionnement et a construit la relève sur plusieurs années. De cette façon, elle a pu éviter certains écueils rencontrés par d'autres cabinets dans cet exercice périlleux -comme le souhait de quelques fondateurs de vouloir tout contrôler ou encore de voir les pionniers afficher des volontés financières excessives faisant ainsi exploser en vol ces belles aventures humaines.
Fondé en 1993, De Pardieu Brocas Maffei se définit comme l'un des cabinets français indépendants de référence en droit des affaires. Ses matières fétiches ? Les M&A, la banque, l'assurance ou encore le contentieux. Au commencement de cette aventure, deux anciens associés d'une autre belle réussite française Gide Loyrette Nouel. Thierry Brocas et Charles-Henri de Pardieu se sont ensuite alliés à Antoine Maffei. Depuis, le cabinet s'est largement étoffé et compte aujourd'hui plus de 130 avocats et 34 associés. C'est ainsi qu'après une carrière bien remplie, Charles-Henri de Pardieu et Antoine Maffei ont pris leur retraite, respectivement en 2012 et 2015.
Si la transition s'est jusqu'ici bien déroulée, c'est parce que le cabinet a toujours misé sur le collectif. "Notre cabinet a toujours fonctionné dans le cadre d’une très grande collégialité, avec des prises de décisions communes pour toute question importante", explique Thierry Brocas. Ce sont d'ailleurs les associés qui ont désigné collectivement qui étaient les meilleurs d'entre eux pour la nouvelle gestion du cabinet parmi les volontaires. "Les dossiers sont le plus souvent suivis par plusieurs associés de différents départements. Nous travaillons en équipe et non pas en silo, ce qui change énormément de choses", martèle Thierry Brocas. C'est aussi pour cela que la clientèle ne se trouve pas désorientée et qu'elle a pu évoluer avec le temps. "Les gens avec qui je travaillais sont aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, à la retraite. Notre clientèle est devenue celle du cabinet. Ce n'est plus celle des fondateurs", précise l'avocat.
Qui de la place des nouveaux et des anciens hommes forts ? Thierry Brocas n'aura plus de fonctions opérationnelles. Il se voit bien jouer un rôle de "sage". Le co-fondateur souhaite notamment rester impliqué dans l'évaluation des associés. C’est-à-dire dans l'exercice qui permet de faire en sorte de maintenir le lien associatif, que chacun trouve sa place et que la cohésion soit ainsi garantie. "Nous savons qu'il sera toujours disponible si nous avons besoin de lui. Ce qui est très précieux pour nous", indique Emmanuel Fatôme, 48 ans, qui rappelle aussi la nécessité de travailler avec et faire grandir les jeunes. "Si nous devons en permanence faire évoluer notre pratique, notamment en intégrant les nouveaux outils technologiques et de communication aux fins de toujours répondre au mieux aux attentes de nos clients, nous devons également rester fidèles à notre ADN car nous avons effectivement les bonnes clefs".
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