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Régulation / Concurrence / Banque-assurance / Régulation

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Banque-assurance / Régulation

Dix ans après, une faillite à la Bear Stearns est-elle possible?

En mars 2008, la banque ayant 400 milliards de dollars sous gestion tombait en banqueroute et provoquait la panique des marchés. Aujourd’hui, un tel scénario est improbable, mais les risques d’une nouvelle crise existent, alors que les niveaux d’endettement sont à des plus hauts et que le Congrès dérégule.
wall street
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Ce fut la première onde de choc de la crise financière. Sept mois après que BNP Paribas a en premier refusé à ses investisseurs de sortir de ses produits subprime – jetant un doute sur la valeur, liquidité de ces titres et l’implication des banques – Bear Stearns tombe en déconfiture. La banque, qui détient 400 milliards de dollars d’actifs et est en exercice depuis 85 ans, subit rapidement la défiance des investisseurs et des marchés, et menace l’équilibre du système financier entier. La Fed décide alors pour la première fois d’agir pour sortir une banque non commerciale de la déroute, d’abord en augmentant son crédit puis en poussant à sa vente à JP Morgan.

Ce sauvetage n’aura fait que temporiser puisque quelques mois plus tard, les marchés ont dévissé de la moitié de leur valeur, Lehman Brothers n’a quant à lui pas pu échapper à la faillite, Merrill Lynch s’est vendu in extremis à Bank of America et enfin, l’assureur AIG a obtenu 182 milliards de dollars de la Fed pour éviter la banqueroute. Cette décision est celle qui, selon son président de l’époque Ben Bernanke, l’avait le plus énervé car l’assureur avait utilisé les primes de ses clients pour investir dans des produits risqués et non régulés.

Dix ans plus tard, après l’adoption de Dodd-Frank et d’une série de mesures réglementaires pour renforcer les institutions financières, celles-ci sont, de l’avis général, nettement plus sures que dans le passé. Lors de son audition devant le Congrès, à la question de savoir si les banques étaient toujours « too big to fail », le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, a répondu non. Le problème est que le corpus de règles n’a encore jamais été testé et en particulier celui de la faillite organisée, si bien qu’en cas de panique des marchés, le régulateur pourrait devoir intervenir quand même pour éviter la déstabilisation rapide du système. Le Congrès est par ailleurs en train de voter l’allègement des règles de Dodd-Frank, comme relever le seuil d’institution systémique à 250 milliards de dollars d’actifs contre 50 milliards auparavant, ce qui permettrait à des banques d’échapper à certaines règles vertueuses.

Sans compter que si les subprimes ont disparu, d’autres facteurs de risque ont fleuri sur les marchés : le marché du crédit privé voit les multiples bondir et offre de moins en moins de protection - des excès qui ont déjà été pointés par l’ex-chairman de la Fed, Janet Yellen - les cryptomonnaies ou encore les ETF basés sur la volatilité, sont autant d’éléments de déstabilisation potentielle. Depuis 2008, la part des algorithmes dans les volumes de trading quotidiens a également bondi, ce qui amplifie les réactions des marchés à des chocs et laisserait encore moins de temps à un nouveau Bear Stearns pour trouver une solution. Les autres instruments de dette pour les particuliers se sont développés comme le crédit auto, les prêts étudiants ou encore les cartes de crédit.

De manière générale, l’endettement est un sujet majeur d’inquiétude, puisque celui des sociétés américaines a atteint 34% de leurs actifs en 2016, un plus haut depuis 2000. Elles ont jusqu’à présent bénéficié des largesses des banques centrales, mais dans un contexte de resserrement monétaire, les taux ont vocation à remonter, ce qui pourrait provoquer une nouvelle défiance des investisseurs. La Fed en est bien consciente et c’est la raison pour laquelle elle est réticente à remonter ses taux trop rapidement, même si elle s’expose alors au pire des problèmes : ne plus avoir de munitions pour agir en cas d’ébranlement généralisé.


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