Entreprises / Actions / Publication des résultats / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Publication des résultats / Actualité des sociétés
Airbus, symbole d'une Europe forte
Avec 1503 commandes engrangées en 2013, l'européen Airbus détrône l'américain Boeing et signe la meilleure performance commerciale de l'histoire de l'aéronautique. Qui l'eût cru lors de la création d'EADS en 1970 ? Quel projet peut aujourd'hui pousser l'Europe ? Le big data ?
Airbus A 380
Voilà une réussite comme on aimerait en voir plus souvent. Né en 1970 de la volonté des européens de s'imposer dans un domaine jusque-là monopolisé par l'américain Boeing, Airbus est parvenu à devenir un groupe industriel de taille mondiale qui, avec 1503 commandes nettes en 2013 est aujourd'hui leader du marché de l'aéronautique avec 51% de parts de marché dans les avions d'une capacité supérieure à 100 places.
Une réussite d'autant plus précieuse qu'Airbus ne s'est pas contenté de copier les best-sellers de Boeing mais a bel et bien introduit des ruptures technologiques qui auraient pu lui coûter cher à l'instar du Concorde ou de l'A380. Une stratégie qui s'est avérée gagnante au fil des années, si bien qu'aujourd'hui le carnet de commande d'Airbus s'établit à 5.559 avions, soit huit années de production. Boeing accuse donc un retard de près de 500 avions en commande sur son homologue européen.
Forte de cette expérience concluante dans l'aéronautique civile, l'Europe devrait tenter de reproduire l'expérience dans d'autres domaines afin de faire émerger des champions régionaux qui eux, sont susceptibles à terme de tenir la dragée haute aux futurs groupes chinois qui partiront demain à la conquête du monde et aux groupes américains. Des américains, dont l'hégémonie indiscutée -8 des 10 premières capitalisations boursières sont américaines- devraient motiver l'intérêt pour la constitution de projets européens.
Une coopération multinationale d'autant plus importante qu'outre-Atlantique, les mastodontes industriels sont régulièrement soutenus par l'état fédéral. Fabrice Brégier, le pdg d'Airbus a d'ailleurs qualifié d'" incroyablement cynique " l'attitude de Boeing, qui a obtenu des milliards de dollars de subventions de l'Etat de Washington tout en demandant la fin des aides publiques à l'aéronautique (via la déposition d'une plainte devant l'OMC notamment).
Quoi qu'il en soit, voilà l'Europe de la croissance ! C'est celle des projets ambitieux et innovants, car en définitive ce sont ces projets qui créent de l'emploi. Airbus a notamment réalisé 16.500 embauches au cours des cinq dernières années, dont 3000 l'an dernier -soit davantage que le nombre de départs enregistrés par l'entreprise.
Alors quel domaine pourrait être le nouveau projet industriel d'envergure de l'Europe ? Quid des grandes entreprises de l'internet ? Google, Apple, Amazon... Toutes sont américaines, un constat affligeant. Et la première entreprise concurrençant Google dans les moteurs de recherche est chinoise. Le big data, voilà donc la nouvelle frontière technologique à laquelle l'Europe devrait s'atteler. Sans répéter toutefois les erreurs commises dans le développement de Quaero, ce programme qui devait introduire un rival européen à Google, et dont les résultats sont demeurés confidentiels -il faut dire que le financement du programme (200 millions d'euros sur cinq ans) était inférieur à ce que Google dépense chaque année pour continuer à développer son moteur de recherche.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

