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Pourquoi le flop de Twitter n’augure par l’éclatement de la bulle
Twitter déçoit. Malgré un chiffre d’affaire en forte hausse à 250,5 millions de dollars, contre 114,34 millions un an plus tôt, le groupe a enregistré une perte de 132,36 millions de dollars sur les trois premiers mois de l'année. Une perte cinq fois plus importante que celle enregistrée l’an dernier qui s’établissait à 27 millions de dollars. En conséquence de quoi, le titre lâchait hier soir plus de 11% dans les échanges après-Bourse, à 37,83 dollars l’action. Depuis le début de l’année, le titre a ainsi perdu 40,6%. Il est loin du point haut euphorique de décembre quand l’action d’échangeait dans la zone des 73 dollars.
Twitter voit par ailleurs son audience stagner avec seulement 255 millions d’utilisateurs actifs contre 1,28 milliard pour Facebook. Qui plus est, la définition d’utilisateur actif diffère entre les deux réseaux sociaux. Selon la définition retenue par Facebook, Twitter n’aurait ainsi que 125 millions d’utilisateurs. Un gap dont les investisseurs ont pris conscience. Ce qui n’empêche pas Facebook de lâcher 22% en bourse depuis le début de l’année.
Les réseaux sociaux ne sont donc pas en odeur de sainteté, et pour cause : leur business model, fragile, repose essentiellement sur la publicité. Dans ce domaine, si Facebook parvient à intégrer les annonces, comme l’ont prouvé ses résultats publiés la semaine dernière, ce n’est pas le cas de Twitter. L’équation est d’autant plus compliquée pour lui que le site de microblogging a longtemps attiré des utilisateurs, qui quittaient Facebook à cause des annonceurs.
Certaines entreprises sont toutefois épargnées, ce qui infirme l’hypothèse d’un éclatement de bulle et confirme celle d’une simple correction. C’est le cas d’Apple, qui publiait la semaine dernière des résultats meilleurs que prévus avec un chiffre d’affaire en progression de 4,6% au T1 pour un bénéfice net en hausse de 7,1% à 10,2 milliards de dollars. La firme à la pomme a grimpé de 5,89% depuis le début de l’année et est valorisée 13 fois ses bénéfices.
Dans le même temps, Facebook est valorisée 106 fois ses bénéfices et Amazon 575 fois. Pas encore profitable, Twitter capitalisait tout de même 25 milliards de dollars hier. Cherchez l’erreur. Nous n’assistons donc pas à l’éclatement de la bulle techno mais à son dégonflement, dû au retour du pragmatisme chez les investisseurs qui privilégient de nouveau les valeurs de croissance et les résultats tangibles.
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