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Ce qui pourrait stopper la chute de l'euro contre le dollar
L’euro continue de dégringoler contre le dollar et a atteint ce matin un plus bas depuis juillet 2012, à 1,2315. La tendance s'est accélérée depuis le début de la semaine, les marchés anticipant des nouveaux signes d’un programme de rachats de titres de la part de Draghi cet après-midi, lors de la dernière conférence mensuelle des gouverneurs pour l’année 2014.
Cette chute de l’euro contre le billet vert, entamée au printemps dernier où la monnaie unique s’échangeait encore à 1,38, semble partie pour durer l’an prochain. Les Etats-Unis devraient en effet connaître une croissance bien plus soutenue qu’en zone euro, tandis que la Fed devrait commencer de relever ses taux au second semestre, quand la BCE elle, sera en plein assouplissement monétaire. Pourtant, estiment les analystes de Natixis, plusieurs facteurs pourraient inverser la tendance ou du moins stopper l’appréciation du dollar contre l’euro.
La baisse du prix du pétrole tout d’abord, pourrait affaiblir l’économie américaine en pesant sur le secteur de l’énergie. « La hausse de la production de pétrole et de gaz non conventionnels aux Etats-Unis joue un rôle important dans la croissance économique, parce qu’elle fournit à l’industrie américaine une énergie abondante et peu chère, parce qu’elle contribue à la croissance des secteurs de biens d’équipement, de la métallurgie », explique ainsi Patrick Artus de Natixis. La baisse du prix du pétrole, si elle se prolonge risque donc de rendre moins profitable l’exploitation américaine et pourrait même en stopper le développement. Sachant que dans le même temps, la chute de l’or noir soutiendra la consommation en zone euro, l’appréciation du dollar pourrait être ralentie.
Autre motif qui pourrait arrêter la chute de l’euro par rapport au billet vert, le manque de débouchés pour les Etats-Unis. La croissance américaine pourrait en effet être moins forte que prévu si le pays ne parvient pas à exporter autant que voulu en raison du ralentissement du commerce mondial, plombé par une croissance plus faible en zone euro et en Chine. Ce ralentissement des échanges ne sera pas forcément compensé par le soutien de la demande interne puisque les salaires US ont pour l’instant stagné.
Troisième et dernier facteur susceptible d’inverser la tendance sur le dollar, une diversification internationale de portefeuille des japonais. « Avec la baisse du yen, l’alimentation de la liquidité par le QE et les taux d’intérêt réels à long terme négatifs avec l’inflation importée, les banques et investisseurs japonais devraient diversifier rapidement leur portefeuilles en devises essentiellement en dollars et en euros », explique encore Patrick Artus. Or il semble que les investisseurs japonais achètent surtout des euros, alimentant les entrées de capitaux dans la zone euro. Ce qui s’opposerait à la dépréciation de la monnaie unique. Une surprise sur le taux de change euro/dollar pour l’an prochain n’est donc pas impossible et il faudra suivre ces différents facteurs de près pour connaître l’évolution des deux devises en 2015.
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