Macro-économie / Taux / droits de douane / Donald Trump / Goldman Sachs
Macro-économie / Taux
droits de douane / Donald Trump / Goldman Sachs
Cette note de Goldman Sachs sur les droits de douane qui irrite Donald Trump / Le président américain ne partage pas l’analyse produite par la banque
"Il a été prouvé que les droits de douane n’ont pas provoqué d’inflation ni aucun autre problème en Amérique ". C’est peu dire que Donald Trump n’a que peu goûté des analyses récentes de Goldman Sachs, en phase avec de nombreux autres travaux d’économistes, et ce d’autant moins qu’à la différence du Bureau des statistiques du travail il n’a pas de prise directe sur l’institution.
Ce qui ne l’a pas empêché de tancer David Solomon - le PDG de Goldman Sachs - en arguant qu’il pensait "que David devrait se trouver un nouvel économiste ou, peut-être, se concentrer sur son métier de DJ" et ajoutant même "ne pas se soucier de diriger une grande institution financière". Pour l’occupant du bureau ovale, les prises de position de la banque sont le résultat d’ "une mauvaise prédiction [faite] il y a longtemps, tant sur les répercussions sur les marchés que sur les droits de douane eux-mêmes" et de laquelle elle n’arriverait pas à se départir.
Schéma
Persistant dans sa rhétorique selon laquelle les droits de douane sont indolores pour les ménages américains, Donald Trump a assené ces dernières heures que dans la plupart des cas "ce ne sont même pas les consommateurs qui paient ces droits de douane ; ce sont principalement les entreprises et les gouvernements, souvent étrangers, qui en paient les frais ". À l’instar de chaque contradicteur du président, le secteur privé n’est pas épargné par ses diatribes publiques contre leurs prises de position.
Cela avait déjà été le cas pour Amazon, dont la volonté de mettre en avant les hausses de prix provoquées par les nouveaux droits de douane avait été qualifiée comme un " acte hostile et politique ". Les faits sont pourtant têtus et les prix à la consommation sur un an viennent de bondir de 3,1 %, une des plus fortes hausses de l’année.
Pénaliser
Des prises de position qui pourraient bien être contreproductives dans certains cas à en croire des observateurs avisés tel Olivier Blanchard. L’ancien économiste en chef du Fonds monétaire international a récemment commenté les pressions exercées par Donald Trump sur la Fed afin d’obtenir une baisse des taux, il a fait part de sa conviction qu’il "existe des arguments raisonnables pour et contre une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis à ce stade. C’est une décision à 51/49. Mais les attaques de Trump ont transformé toute décision de les abaisser en capitulation. Au contraire, cela rend cette décision moins probable ".
La politique tarifaire menée par Donald Trump a également été étrillée par Olivier Blanchard, ce dernier livrant sur ses réseaux sociaux quelques "chiffres utiles" à destination de ceux "qui soutiennent que les recettes douanières élimineront le déficit : le déficit primaire (déficit net des paiements d’intérêts) s’élève à environ 1 500 milliards. Il doit être réduit à zéro pour stabiliser la dette par rapport au PIB". Or il fait valoir que les importations américaines s’élèvent à près de 3 300 milliards et dès lors même "avec une hypothèse très généreuse, qu’il n’y ait pas de détournement de trafic et que tous les biens et services soient taxés à 15 %, cela représente environ 500 milliards. Soit seulement un tiers du montant nécessaire". Un contradicteur de plus pour le président américain.
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