Macro-économie / Taux / pétrole / OPEP / Donald Trump
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pétrole / OPEP / Donald Trump
La dynamique de l’or noir n’est pas pour déplaire à Donald Trump / L’Opep continue à vouloir gagner des parts de marché en augmentant sa production
Un cocktail détonnant. L’incertitude géopolitique et la hausse de la production de la part du cartel pétrolier tirent certes le prix du baril dans des directions opposées, ce dernier n’en demeure pas moins proche des 60 dollars le baril. Ce week-end l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) a en effet annoncé avoir trouvé un terrain d’entente pour ajouter quelque 411 000 barils par jour (bpj) à l’offre.
Signe que les réductions volontaires appartiennent pour le moment au passé. Un choix qui semble poursuivre un double objectif à en croire John Plassard, analyste chez Mirabaud, ce dernier considérant que "cette décision est perçue comme une mesure visant à discipliner les pays en surproduction, tels que l’Irak et le Kazakhstan" et également qu’elle doit permettre à des producteurs importants tels que la Russie ou l’Arabie saoudite "de regagner des parts de marché".
Trump
Une abondance d’offre de pétrole qui n’est pour déplaire à la Maison Blanche, tant le prix à la pompe est un indicateur important pour ses concitoyens. L’économiste rapporte qu’une "analyse de l’approbation présidentielle mensuelle entre 1976 et 2007 suggère ‘que les prix de l’essence ont exercé un effet indépendant sur l’approbation présidentielle, au-delà des mesures économiques traditionnelles’". Le spécialiste rappelle également que des effets de vases communicants sont à prévoir concernant les ventes au détail, le budget des ménages absorbés par l’essence laissant plus ou moins de marge de manœuvre à utiliser à d’autres fins. Les élections de mi-mandats de l’année arrivent dès l’année prochaine et il est difficile d’imaginer que le prix du gallon n’y aura pas un rôle conséquent
Pour autant un type d’acteurs bien précis ne se réjouit pas particulièrement de voir le cours du baril loin de ses plus hauts. Il s’agit des producteurs de pétrole, Alexandre Hezez, stratégiste du groupe Richelieu, constate que "que la production américaine de pétrole et le nombre de puits en opération aux États-Unis sont tous deux en baisse ces dernières semaines, en lien avec le seuil de rentabilité des nouveaux puits aux États-Unis, autour de 60 $/b pour le WTI". Pour autant les membres de l’OPEP ne sont pas totalement indolores au niveau des prix, le stratégiste expliquant que l’enjeu pour le Cartel "sera de garder un consensus suffisant en son sein en ne pressurant pas trop les cours tout en poursuivant son objectif de regagner des parts de marché ".
Discipline
L’unité du cartel est déjà fissurée de longue date néanmoins, John Plassard rappelant que " le refus du Kazakhstan de réduire sa production a encore mis à mal l’unité du groupe". Il se murmure que la volonté d’augmenter la production afin de gagner des parts de marché ne serait pas partagée par tous, puisque ce choix permettrait également de discipliner les membres du cartel en surproduction. Ce seraient ainsi trois des huit pays à avoir opté pour cette hausse de l’offre qui auraient fait part de leur désaccord avec ce choix, il s’agirait d’Oman, de l’Algérie et de la Russie.
Une dissension qu’Alexandre Hezez considère tel un "signe de l’inconfort grandissant d’une partie des membres avec cette stratégie d’offre expansionniste et coûteuse car elle maintient les cours du brut autour de points bas depuis plus de quatre ans". En façade cette décision est justifiée par l’OPEP comme résultant d’un marché dont les fondamentaux sont sains.
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