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Présidence de la Commission : Juncker bat Barnier
Le favori l’aura donc emporté. Jean-Claude Juncker, 59 ans,
vient d'être élu ce vendredi le candidat du Parti populaire
européenne (PPE) à la présidence de la Commission européenne, lors du congrès
de l’organisation politique qui s’est tenu hier et aujourd’hui à Dublin. L’homme
qui fut Premier ministre du Luxembourg pendant 18 ans bat ainsi le Français,
Michel Barnier, actuel commissaire au Marché Intérieur. La victoire n’a
toutefois pas été aussi écrasante que prévu puisque Juncker n’a devancé son
rival que de quelque 140 voix (382 contre 245 sur 828 votants). Si le PPE
gagne les élections européennes de mai, il se pourrait que Jean-Claude Juncker remplace
José Manuel Barroso, l’actuel patron de Bruxelles.
Le Luxembourgeois devra affronter l’allemand Martin Schulz,
chef de file des sociaux-démocrates. Ce dernier, actuel président du Parlement
européen, est rentré très tôt dans la course, même s’il n’a été désigné
officiellement candidat que la semaine dernière à Rome. Le
président de la Commission sera élu en juin par le Conseil européen et son nom
devra être ratifié par l’hémicycle. Bien que les chefs de gouvernements n’aient
et ne souhaitent pas se voir imposer de choix, ils sont tenus de prendre "en compte
le résultat du vote", selon le traité de Lisbonne. Leur préférence sera
aussi le fruit des arbitrages pour les autres postes clefs de l’UE :
président du Parlement, président du Conseil européen et chef de la diplomatie
de l’Union européenne.
Lors de son discours, prononcé en allemand, anglais puis français, Jean-Claude Juncker a souhaité rappeler qu’il était là pour la présidence de la Commission, contrairement à ce que laissent entendre certains bruits de couloirs qui le sentait plus intéressé par le Conseil. Il a également plaidé pour une Europe plus sociale, restant ainsi fidèle à sa défiance vis-à-vis du libéralisme, précisent les commentateurs.
La Chancelière allemande, Angela Merkel, a vivement soutenu la candidature du Luxembourgeois, notamment parce qu’elle le pense plus apte à barrer la route à Martin Schultz, membre du SPD allemand. En effet, les sondages donnent pour le moment une longueur d’avance à la gauche. Ce qui pourrait obliger Angela Merkel à nommer son compatriote et ennemi à la tête de la Commission européenne.
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