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La crise ukrainienne, menace pour les marchés mondiaux ?
Les Ukrainiens doivent se rendre aux urnes ce week-end pour élire un successeur au président destitué Viktor Ianoukovitch ; or les élections pourraient mal tourner dans les provinces de l’est du pays, où des groupes armés se battent pour qu’elles soient rattachées à leur voisin russe. Si la situation entre les deux pays empirait, et que des sanctions plus sévères étaient adoptées, la croissance mondiale pourrait être durablement touchée, estiment les analystes de Natixis.
Première conséquence directe, une chute du PIB russe : l’enlisement de la crise entraînerait une fuite des capitaux du pays, une dépréciation du rouble, un relèvement des taux directeurs de la banque centrale, un renchérissement des primes de risques et des taux souverains. Dans le cadre d’un tel scénario, les analystes de Natixis envisageraient d’abaisser leur croissance de 0,2 à 2 points pour cette année. Ce qui amputerait la croissance mondiale de 0,5 point.
Mais une aggravation de la crise aurait également des effets de second tour, précisent les analystes : de nombreuses entreprises sont très exposées à la Russie en termes de chiffre d’affaires et d’actifs immobilisés : BP, Total et Repsol dans le secteur pétrolier ; Volkswagen et Renault seraient également affectés en termes de volume des ventes. L’autrichien RBI et la Société Générale seraient les banques les plus touchées. Enfin de nombreux distributeurs européens souffriraient.
Autre risque si la situation s’enlise : une perte de confiance des chefs d’entreprise. La dernière enquête ZEW des dirigeants allemands avait d’ailleurs souligné leur inquiétude au sujet de l’Ukraine. Or la confiance est cruciale pour relancer l’investissement productif en zone euro, et donc la croissance.
Enfin, la crise pourrait avoir de sérieuses répercussions sur le marché des matières premières : ainsi l’Etat pourrait manquer de financement pour acheter certains métaux aux producteurs locaux et destinés à être exportés (le palladium notamment). Au-delà de cette question budgétaire, les échanges de matières premières avec la Russie seront, quoi qu’il arrive, durablement affectés. Et la Russie se tournera alors vers la Russie, comme l’a d’ailleurs démontré l’accord signé entre Gazprom et le chinois CNPC le 21 mai dernier. « Alors qu’une escalade des tensions en Ukraine pourrait avoir des effets négatifs sur l’économie à court terme, il parait certain que ses effets à long terme seront une accélération de la réorientation de l’économie russe vers la Chine au détriment de l’Europe", concluent les analystes.
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