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Sur les marchés / Gestion d'actifs

Sociétés de gestion : le canal de l'épargne financière française bloqué

Bien que les encours totaux sous gestion en France aient dépassé la barre des 3 000 milliards d'euros en 2013, cette évolution est le fruit d'effets de marché et de la hausse des mandats et fonds étrangers.

C'est la première fois que la barre de 3 000 milliards d'euros d'actifs sous gestion en France est franchie. Pourtant cette hausse de 3,1% sur un an ne fait pas bondir de joie outre mesure l'Association française de la gestion financière (AFG), qui présentait ce matin les résultats 2013 de l'industrie. Cette évolution étant en grande partie due aux bons résultats des mandats et fonds étrangers gérés en France (5,2%), plutôt qu'aux fonds de droit français (+1,2%), lesquels ont surtout bénéficié d'effets de marché largement positifs pour les produits orientés actions. "Face à un marché français atone (...), les sociétés de gestion françaises sont allées chercher leurs marchés là où ils sont. L'épargne financière ne se développe pas en France, mais elle se développe bien en Europe", a expliqué Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l'AFG. 

En effet, les flux nets de placements financiers des ménages ont été bien inférieurs en 2013 à ceux observés ces dernières années. Une dynamique qualifiée d'"effondrement" par l'organisme. Ce dernier précise que la consommation des ménages s'est maintenue, que leurs ressources ont stagné mais que l'endettement a diminué. Ce qui veut dire que ce sont les placements qui ont trinqué, en l'occurrence les placements financiers, pas immobiliers. "On peut espérer que les français reviennent un peu vers les actions" en 2014, estime Paul-Henri de La Porte du Theil. 

D'autre part, la croissance globale n'a pas profité de manière uniforme à tous les fonds. "L'embellie boursière de 2013 a largement bénéficié aux fonds orientés actions, dont les fonds diversifiés. Ces catégories voient leurs encours progresser respectivement de +14,8% et +7,1%". Cela dit, les souscriptions nettes sont restées négatives dans ces deux catégories, mais dans des proportions toutefois moindres que celles de 2012. La plus grande baisse a été enregistrée du côté des monétaires, avec une variation de -13,1%, soit une chute de 47,8 milliards d'euros. Néanmoins, "certains acteurs, principalement des sociétés de gestion entrepreneuriales et/ou spécialisées, qui ne dépendent peu ou pas des réseaux de distribution bancaires, ont réussi à trouver des relais de croissance significatifs", ajoute l'AFG.

Parmi les sujets de satisfaction retenus par l'AFG : 38 créations brutes de sociétés de gestion ont été enregistrées en 2013, ce qui porte désormais à 618 le nombre de firmes. "La période se caractérise en parallèle par un mouvement de consolidation, de réorganisation et de fusions/absorptions de sociétés de gestion qui devrait se poursuivre en 2014", commente le rapport.

Cette dynamique n'aura toutefois pas suffi à l'Hexagone pour tirer son épingle du jeu au niveau européen. "Même si l'on est dans le peloton de tête, nous ne pouvons plus dire que la France est le leader de la gestion financière en Europe", a commenté Paul-Henri de La Porte du Theil. "Si l'on considère les marchés où la gestion financière des fonds d'investissement est effectivement réalisée, la France est désormais en troisième place, avec une part de marché de 18,1%, derrière le Royaume-Uni (19,6%) et l'Allemagne (18,8%)", précise le texte. 

Et la compétitivité de la France va en partie dépendre des nouvelles règles européennes et internationales, comme la taxe sur les transactions financières qui sera mise en place à l'échelle de 11 Etats européens. Par exemple, sous sa forme actuelle le texte est plus défavorable à l'Hexagone qu'à l'Allemagne. D'autres normes vont également avoir leur importance, tels que MIF 2 dont l'accord est en train d'être rédigé noir sur blanc, PRIPS ou le règlement sur les fonds monétaires. Côté français, l'AFG salue le PEA-PME ou les fonds euro-croissance. L'Association continue toutefois son combat contre les droits de vote double, proposition débattue aujourd'hui au Sénat, et reste attentive à l'élaboration de la nouvelle réforme de l'épargne salariale. 

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