Macro-économie / Taux / Coface / France
Macro-économie / Taux
Coface / France
Cet effet domino qui menace l’économie tricolore / Les retards de paiements n’en finissent plus de s’accumuler
Une spirale qui semble irrémédiablement se mettre en place. Les comportements de paiements des entreprises françaises ne vont pas en s’améliorant à en croire les équipes de Coface. Les 690 sociétés ayant répondu à leur enquête témoignent d’une situation détériorée qui fait craindre le pire, alors même que les défaillances sont en hausse de l’ordre de 6 % - de janvier à juillet.
La mécanique redoutée par Nathalie Paris, directrice de l’Indemnisation et du Recouvrement France, Afrique et Europe de l’Ouest chez Coface, semble être celle d’un scénario où « les clients ayant des factures de plus en plus nombreuses à se faire régler et notamment par des PME qui ont-elles même des difficultés de trésorerie qui ne s’arrangent pas. On peut redouter un effet de domino où les retards de paiements des uns entraînent ceux d’une autre partie de l’économie et pourrait conduire à une série de défaillances. » Les entreprises interrogées le concèdent, l’impact des retards de paiements est désormais « très important » ou « critique » pour les TPE – 58 % -, les PME – 40 %- ou encore les ETI et les grandes entreprises – 26 %. Un comportement imputé dans 47 % des cas aux difficultés financières de leurs propres clients. Difficile de s’attendre à une amélioration soudaine et ce d’autant plus que la croissance tricolore ne semble pas pouvoir venir voler au secours de son économie.
Vaches maigres
Un constat qui découle de la structure récente de la progression du PIB hexagonal, dont Bruno de Moura Fernandes, responsable de la recherche macroéconomique chez Coface, rappelle qu’elle était avant tout tirée « par les exportations et la dépense publique, ce qui a un impact relativement faible sur la demande domestique privée et a conduit à des erreurs dans les prévisions de déficit et de recettes. » L’économiste ne voit d’ailleurs pas des signes d’amélioration à l’horizon, bien au contraire puisqu’il évoque même une situation « où les hausses de taux de la BCE ne vont pas aider la construction à repartir » Les bonnes nouvelles sont plutôt à attendre du côté de l’aéronautique, de la défense ou encore de la pharmacie. Autant de secteurs qui figurent parmi les moteurs de l’économie française ces derniers trimestres.
Des rares bonnes nouvelles dans un environnement qui se révèle radicalement différent d’il y a quelques années. Bruno de Moura Fernandes expose qu’en 2021 et en 2022 « les entreprises étaient gorgées de cash et que les ménages avaient beaucoup d’épargne, on a l’impression que ce n’est plus du tout le cas. Ce qui laisse beaucoup moins de marges de manœuvre aux dirigeants pour faire passer des hausses de coûts. » Les entreprises ont logiquement plus de difficultés à se projeter et ne sont pas moins de 56 % à tabler sur une dégradation de leur activité en 2027 – là où elles étaient à 49 % un an auparavant - et uniquement 9 % misent sur une amélioration.
International
Les turbulences politiques ne laissent pas les entreprises insensibles, qu’il s’agisse de la sphère nationale dont l’environnement politico-social – devenue la première source d’inquiétude des répondants – ou encore des passes d’armes verbales ou physiques au Proche-Orient. Les prix des matières premières et les tensions géopolitiques complètent le podium des préoccupations des dirigeants. On les comprend aisément au vu des conséquences pour leurs résultats, ce sont ainsi plus « de trois quarts des entreprises ayant une relation commerciale directe avec les États-Unis [qui] déclarent avoir subi les effets des droits de douane américains : 32 % ont dû réduire leurs marges et 27 % ont vu leurs exportations reculer. »
Un constat que Bruno Moura Fernandes retrouve dans les réponses très différentes fournies par les entreprises. L’économiste confie à WanSquare « constater une vraie différence entre les entreprises uniquement présentes sur le marché domestique français et celles qui à l’inverse sont présentes à l’export. Les premières sont près de 14 % à penser que leur rentabilité va s’améliorer là où elles sont 24 % à s’y attendre dans le second cas de figure. »
Celles qui sont cantonnées au marché national souffriraient d’une double peine puisqu’elles font bien souvent partie des 84 % des répondants à subir les tensions au Moyen-Orient et la hausse des coûts associés tout en ne pouvant pas bénéficier d’une exposition à des géographies où la croissance est plus conséquente.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

