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Macro-économie / Taux / France / retraites

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La France face à l’impasse de la démographie / Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan anticipe un allongement de la durée de travail

Un système à bout de souffle qui ne saurait faire l’économie d’un temps de travail plus important pour chaque Français, afin de parvenir à équilibrer le système de retraite tricolore. Parmi les différentes propositions du Haut-commissariat à la stratégie et au plan consacrées au monde du travail hexagonal figurent en bonne place celles ayant trait à l’allongement du temps de travail.
EHPAD. Photo par LOIC VENANCE / AFP
EHPAD. Photo par LOIC VENANCE / AFP

Un mur du financement qui approche. On ne cache plus son inquiétude chez le Haut-commissariat à la stratégie et au plan face au financement de la protection sociale et à la hausse attendue de la dépendance de nombreuses personnes âgées. Il faut dire que les ratios sont parlants, avec le passage d’une personne inactive de 65 ans et plus pour 3 en activité, à un ratio qui se dégraderait nettement pour atteindre 2,6 en 2035 et 2,2 en 2050.

La seule façon d’y remédier serait de modifier l’équation du côté de l’activité, ce qui lutterait contre un des effets « quasi mécaniques du vieillissement démographique » et consisterait à allonger le temps de travail tout au long de la vie active. On considère chez l’institution que les différentes réformes des retraites n’ont aucunement permis d’atteindre l’équilibre nécessaire entre le temps de travail et le temps de retraite. Parmi les faits qui sont mis en avant, il y a le déficit des différents régimes et également des Français qui travaillent « deux à trois ans de moins que les autres Européens, sans compenser par un niveau supérieur de qualification ou de productivité. »

 

Échapper

 

Impossible dès lors de ne pas se pencher sur les options permettant d’allonger la durée de travail. Deux options sont mises en avant dans la publication du Haut-commissariat. L’une d’entre elles remet sur le devant de la table la question de l’augmentation de la durée de cotisation ; il s’agirait ni plus ni moins que de l’augmenter de trois à quatre ans d’ici à 2050. Un sujet explosif politiquement lorsqu’on sait qu’elle est aujourd’hui comprise entre 42 et 43 ans.

Les auteurs louent les mérites d’une telle proposition, expliquant qu’elle permettrait à la fois de « revenir à l’équilibre financier des régimes de retraite » et de faire en sorte que la « quantité collective de travail [puisse] prendre sa juste part dans les investissements massifs et le financement des nouveaux droits individuels et collectifs, nécessaires à un futur du travail désirable dans les trois prochaines décennies ». Néanmoins, ce n’est pas la seule proposition sur la table, puisqu’il est proposé « d’assouplir les règles d’acquisition des droits à la retraite, en permettant à chacun de valider un trimestre dès 150 heures (soit un quart-temps sur un trimestre), tout en unifiant les règles de calcul sur le principe de la réforme des retraites avortée de 2019 : chaque euro cotisé (ou acquis pour chômage, congé de naissance comme aujourd’hui) ouvrirait les mêmes droits, quel que soit le régime ou le statut. »

 

Construire

 

De quoi permettre de concilier temps de travail total et choix tout au long de sa carrière malgré les aléas liés à la parentalité et à la fin de carrière. La simplification permise par un même mode de calcul serait également source de moindre complexité face aux nombreux parcours professionnels. Les autres axes d’efforts concernent l’investissement dans les compétences, via, d’une part, la formation initiale et de l’autre la poursuite du développement de l’apprentissage. Autant de fonds déployés afin d’arriver à une offre de formation qui réponde à la réalité du marché du travail, que ce soit en sortie d’études ou en cours de carrière, et ce afin de favoriser les reconversions professionnelles.

Une facilitation des choix tout au long de son parcours qui imprègne le rapport, avec ce message « d’adapter son temps de travail aux différentes étapes de sa vie, via la création d’un compte épargne-temps universel (CETU) et l’instauration d’un droit à temps partiel en dernière partie de carrière. » L’idée que donner de la liberté aux Français contribuera à allonger leur temps en activité. Une nécessité tant les coûts du système de retraite ne vont pas aller en s’améliorant et que le coût de la perte d’autonomie des seniors va être grandissant. On dénombrerait un total de 3,6 millions de personnes dans cette situation en 2050 contre 2,7 actuellement et ce, pour un coût passant de 11,2 milliards d’euros à quelque 20 milliards.

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