Macro-économie / Taux / Education / France / Financement
Macro-économie / Taux
Education / France / Financement
Augmenter le niveau des élèves français ne sera pas une mince affaire / La démographie aidera à régler la facture
Redresser la barre et vite. Les trois économistes apposant leur nom en bas de la dernière note du Conseil d’analyse économique veulent croire au sursaut hexagonal. Ils expliquent que pour y parvenir, un plan de réformes à dix ans est à mettre en oeuvre. Il est supposé permettre à la fois d’améliorer les compétences des élèves français et de réduire les inégalités. Le cap fixé est sur dix ans et fait état d’objectifs de « progression de plus d’une année scolaire à la fin du collège (+ 0,6 écart-type), [de] diviser par deux la part d’élèves sous le seuil minimal de compétences, [et de] ramener les inégalités éducatives liées au niveau socio-professionnel des parents à la moyenne de l’OCDE. »
Un écueil majeur demeure néanmoins : la question du financement de cet effort. Les auteurs comptent allouer 4 milliards d’euros par an au financement de mesures « dont l’efficacité a été démontrée par la recherche et les comparaisons internationales : formation continue intensive et accompagnement pédagogique des enseignants, amélioration des ressources pédagogiques, tutorat pour les élèves en difficulté, réduction de la taille des classes, usage des évaluations des élèves pour mieux cibler certains moyens. » Les fonds alloués à ce véritable plan de bataille seraient financés grâce au dividende démographique.
Chute
La démographie française déclinante est au cœur de l’équilibre budgétaire de la projection. Il est jugé « réaliste » par leurs soins de poursuivre les deux objectifs de leur plan, grâce à la réduction progressive du nombre de classes au fur et à mesure des années. D’autant plus qu’ils misent sur une montée en charge de la réforme au fil du temps et assurent qu’il est possible que « la quasi-totalité des leviers étudiés soient autofinancés à long terme : les recettes fiscales couvriront le coût de la politique ».
Pour en attester, ils expliquent que les différentes mesures retenues disposent d’indices infinis d’efficacité de la dépense publique. Les mesures retenues le sont avant tout en raison de leur coût par écart-type d’augmentation du niveau, « que ce soit à court terme ou en fin de scolarité, mais aussi le niveau de certitude quant aux effets (nombre d’études robustes, implémentations à grande échelle ou dans des réformes internationales probantes, etc.), les complémentarités entre différentes mesures (formation + coaching) ou, au contraire, les redondances, ainsi que les contraintes pratiques de mise en œuvre et l’adhésion des enseignants. »
Voisins
L’essentiel des recommandations s’appuie sur des mesures ayant été couronnées de succès dans d’autres géographies. Clio Dinthilac, Guillaume Houzel et Xavier Jaravel expliquent vouloir renforcer le soutien tant à la recherche qu’aux évaluations en éducation, ainsi qu’à l’exploitation de leurs résultats. Les différentes enveloppes serviraient également à soutenir des appels à manifestation d’intérêt portant sur des expérimentations et des évaluations indépendantes de dispositifs éducatifs. L’effort serait également porté sur la formation continue des enseignants, avec l’objectif de la porter à 80 heures chaque année. L'un des derniers volets de la publication consiste à donner davantage de moyens à chaque établissement, dont les chefs seraient mieux dotés, notamment en termes d’équipe d’animation pédagogique, un pari qui s’est avéré payant au Portugal.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

