Macro-économie / Taux / OCDE / Financement
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OCDE / Financement
Un lent déclin du soutien aux énergies fossiles / Le secteur public y consacre encore des sommes conséquentes
Une diminution en trompe-l’œil. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) constate certes une diminution du coût budgétaire du soutien public pour les combustibles fossiles entre 2023 et 2024. Cependant, celui-ci bien que de l’ordre de 10 % - de quelque 1 030 milliards de dollars à 920 milliards de dollars – s’explique largement par la fin des mesures de soutien d’urgence prises par les gouvernements lors des pics atteints par les prix de l’énergie en 2022. Ces dernières sont passées d’un coût mondial de quelque 163,9 milliards de dollars en 2022 à 88,6 milliards de dollars l’année suivante en 2023 et enfin à 57,7 milliards dollars à date de 2024.
Il ne s’agit pas simplement de révisions à la baisse de mesures demeurées en place, à la faveur du déclin des prix de l’énergie, mais bel et bien d’une diminution de leur nombre avec uniquement 192 qui étaient encore en place en 2024 contre 284 au plus haut de la flambée des cours. Pour le reste, les flux considérables consacrés au soutien à la consommation de combustibles fossiles demeurent et du côté de l’OCDE on martèle d’une part que le coût budgétaire associé « demeure élevé par rapport à sa moyenne historique » et d’autre part que la « plupart des aides à la consommation de combustibles fossiles qui restent en vigueur ne ciblent toujours pas de façon systématique les personnes les plus en difficulté, ce qui interroge sur leur équité et leur efficience ».
Répartition
Un constat qui pose la question de la bonne allocation des fonds à l’échelle mondiale, les équipes de l’OCDE s’inquiétant des effets de ce soutien massif qui n’est pas sans conséquence sur le plan budgétaire, tout en pouvant faire progresser les émissions ou encore réduire les incitations favorisant la transition énergétique. Autant d’éléments néfastes pour la croissance économique sur le long terme. L’institution installée à Paris souligne l’importance d’effectuer des réformes afin de « mieux cibler ceux qui ont le plus besoin d’être aidés et éliminer dès que possible le soutien inefficace aux combustibles fossiles ».
Le soutien public fourni aux entreprises est également sévèrement critiqué, les critiques des dispositifs actuels sont à lire en creux dans des recommandations qui préconisent qu’il « soit limité dans le temps, transparent, bien proportionné et non discriminatoire (autrement dit, qu’il repose sur des critères d’éligibilité objectifs et transparents) ». La faiblesse des dispositifs actuels s’expliquerait également par le fait que les « incitations économiques en faveur de la décarbonation qui sont associées aux taxes sur les produits énergétiques, aux taxes carbone, aux systèmes d’échange de droits d’émission (SEDE) et aux mécanismes de soutien réduisant les prix – dont le taux effectif net sur le carbone (TEC net) fait la synthèse – ont diminué par rapport à 2021 ». Une utilisation des deniers publics qui ne serait pas efficiente selon les équipes de l’OCDE.
Longue haleine
Tout n’est pas négatif pour autant, étant donné qu’on peut relever qu’un certain nombre de mesures de soutien à la consommation de combustibles fossiles sont en léger repli entre 2023 et 2024. Une diminution modeste qui n’en demeure pas moins réelle et ce « dans tous les secteurs, hormis dans les transports, où son coût budgétaire a atteint 113, 6 milliards de dollars en 2024, contre 111,8 milliards de dollars en 2023 ». Le secteur résidentiel connaît la plus grosse baisse du coût budgétaire du soutien – de l’ordre de 28,7 % -, passant ainsi de 117,9 milliards de dollars à 84,1 milliards de dollars. Une variation conséquente aux yeux de l’OCDE, laquelle rappelle que « ce secteur n’en représente pas moins 22 % du coût budgétaire total du soutien aux combustibles fossiles, ce qui le classe en deuxième position derrière les transports ».
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