Macro-économie / Taux / IPP / CPO / France / défense
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IPP / CPO / France / défense
Les Français priorisent facilement la défense au sein des dépenses publiques / Quitte à faire des économies ailleurs ou à jouer sur la fiscalité
Un effort qui sera loin d’être effectué dans des conditions optimales. La France ne parviendra pas à atteindre les objectifs fixés par le sommet de l’OTAN de juin 2025 – de 3,5 % du PIB consacré aux dépenses militaires et 5 % de dépenses de sécurité d’ici 2035 – sans procéder à des arbitrages parfois douloureux. C’est tout le sens des travaux rendus publics ce matin par l’Institut des politiques publiques (IPP), dont les équipes ont repris une enquête produite par le Conseil des prélèvements obligatoires en s’intéressant non pas simplement aux préférences des Français en matière de dépenses de défense, mais plutôt à celles qui sont les leurs lorsqu’ils sont mis en situation de procéder à des arbitrages fiscaux.
Les conclusions de l’IPP établissent que les citoyens « sont davantage disposés à soutenir les dépenses militaires lorsqu’ils perçoivent l’environnement international comme dangereux et adhèrent au principe civique de l’impôt ». Autant dire que la période actuelle renforce clairement ce sentiment et conduit l’institut à avancer la formule selon laquelle « la menace crée le soutien à la défense mais la fiscalité et la confiance dans l’État déterminent les modalités de son financement ». Pour l’heure, on retrouve une grande majorité des répondants qui considère que la hausse de l’effort de défense doit être permise par des réductions sur les autres postes de la dépense publique (62 % des répondants avancent cette piste).
Consensus
Les autres possibilités de financement sont loin derrière, qu’il s’agisse de l’augmentation du déficit et de la dette (21,4 %), du nombre d’heures ou de jours de travail (18,3 %) ou encore d’une hausse des impôts (14,1 %). Des choix aux antipodes, au sein desquels des logiques différentes cohabitent, à l’instar des répondants favorisant une augmentation des impôts ou des cotisations pour soutenir l’augmentation des budgets militaires.
Parmi lesquels « il apparaît que les impôts sur le patrimoine (48,6 % des répondants) et les sociétés (39,2 % des répondants) sont les options qui emportent le plus de soutien », loin devant les options ayant trait à l’impôt sur le revenu, aux cotisations patronales ou encore à la TVA. Une partie de la population demeure réticente à un effort accru sur la défense et il s’avère que ce sont essentiellement les répondants exprimant un sentiment d’injustice fiscale ou d’insatisfaction vis-à-vis de la dépense publique.
Transformer
On insiste chez l’IPP non pas uniquement sur ce consensus sur la défense, mais également sur le rejet important de l’endettement constaté. Celui-ci est considéré comme semblant « à la fois marquer une intériorisation des contraintes budgétaires de l’État français en 2025 et un refus d’un blanc-seing sur le financement de la défense ». Le moindre effort sur la question de la défense est considéré comme devant « s’accompagner d’une transparence accrue sur l’allocation des fonds et les éventuels co-bénéfices associés, ainsi que d’une évaluation rigoureuse de leurs effets au-delà des seuls gains sécuritaires ». Un double objectif semble apparaître, celui d’une sécurité accrue pour l’Hexagone et de retombées économiques positives pour son économie. Une situation qui plaiderait en faveur du développement de travaux de recherche sur les arbitrages liés aux dépenses de défense et leurs retombées économiques.
Tous les résultats obtenus par l’IPP ne sont pas intuitifs, loin de là puisque ce sont les répondants les plus satisfaits de l’action publique qui sont également ceux qui sont les plus enclins à accepter une baisse des dépenses et y compris dans le domaine de la défense. Un résultat interprété non pas telle la manifestation d’un attachement moindre aux différentes politiques publiques. Il est considéré comme possible qu’il reflète « une plus grande confiance dans la capacité de l’État à remplir ses missions avec des ressources plus limitées ou à réallouer efficacement les dépenses entre différents postes budgétaires ».
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