Macro-économie / Taux / pétrole / Chine / Inflation
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L’Empire du Milieu paye l’addition de l’embrasement du Moyen-Orient / Il s’est pourtant préparé à encaisser le choc
Une guerre dont Pékin se serait bien passé. Le régime chinois vient à peine d’annoncer qu’il s’engageait dans un plan quinquennal visant à assurer la pérennité de sa croissance sur le long terme, qu’il se trouve confronté à des difficultés pour assouvir sa soif d’or noir. La Chine est également friande de gaz naturel liquéfié, dont près de 29 % de ses importations transitaient en temps normal par le détroit d’Ormuz. Une situation que le régime a cependant quelque peu anticipée notamment en constituant des réserves stratégiques de pétrole.
Ces dernières sont estimées par les équipes de Global Sovereign Advisory (GSA) comme étant comprises « entre 80 et 120 jours d’importations et les stocks totaux dépasseraient même 190 jours d’approvisionnement depuis le détroit ». Une mesure de précaution qui s’accompagne du constat d’une économie structurellement moins tourné vers l’or noir – en le combinant au gaz les deux énergies fossiles ne représentent que quelque 26 % de la consommation énergétique nationale – là où le reste du monde en est bien plus friand – 52 % en moyenne. Les équipes du cabinet de conseil aux souverains rappelant que « le mix électrique de la Chine repose essentiellement sur le charbon et les énergies renouvelables ».
Protéger
Le pouvoir chinois se montre également actif en ayant suspendu pour l’heure ses exportations de pétrole raffiné, favorisant son marché intérieur et mettant dans l’embarras ses partenaires habituels tels que les Philippines ou encore Singapour. Cela ne suffira cependant pas à éluder les dilemmes auquel doit faire face la Chine, Bernard Aw – économiste pour l’Asie chez Coface – expliquant que « Pékin doit peser les coûts à court terme face à la résilience à long terme afin de décider de la rapidité avec laquelle réduire la dépendance au pétrole sanctionné sans compromettre la croissance ».
Le constat qu’il partageait en ce début de semaine est celui d’un « pétrole iranien à prix réduit [qui] joue toujours un rôle important dans le mix des importations chinois, pourtant la Chine a passé des années à diversifier les fournisseurs et à renforcer sa résilience ». La perturbation conjointe des flux en provenance du Venezuela n’aidant pas à améliorer la situation et mettent sous pression l’écosystème pétrolier à prix réduit qu’avait construit l’Empire du Milieu. Il est à noter que pour le moment le régime n’a pas procédé à une révision à la baisse de ses objectifs de croissance en raison du conflit.
Adoucir
La situation d’une hausse durable des prix de l’énergie aurait cependant un mérite explique-t-on chez GSA, à savoir « qu’une hausse des prix de l’énergie aurait le mérite de contribuer à atténuer les pressions déflationnistes qui pèsent sur l’économie chinoise depuis 2022 ». Les calculs effectués par leur équipe d’économistes font état qu’un « prix moyen du baril de pétrole de Brent à 120 dollars cette année ferait remonter l’inflation à la production à environ + 1,0 %. L’inflation à la consommation passerait quant à elle de 1,3 % à 2,0 % d’ici l’été ». Le cocktail gagnant serait celui d’un « surplus modéré d’inflation, actuellement affecté par un phénomène d’« involution » (surcapacités des industries qui compriment leurs marges et mènent une guerre des prix déflationniste) ».
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