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ambitions; dépendances; régime; Pékin

Macro-économie / Taux / Chine / croissance / plan quinquennal

Macro-économie / Taux
Chine / croissance / plan quinquennal

La Chine revoit à la baisse ses ambitions de croissance / L’Empire du Milieu demeure ambitieux pour les années à venir

Un objectif de croissance revu légèrement à la baisse lors de la réunion annuelle des cadres du Parti communiste chinois : désormais le PIB est attendu en croissance de seulement 4,5 à 5 % pour l’année 2026. Une annonce qui tranche avec la cible de 5 % qui prévalait lors des trois dernières années. Les observateurs y voient un signe que Pékin n’est pas particulièrement enclin à recourir à de nouvelles mesures de soutien à l'activité. Le régime ne révise pas pour autant ses ambitions sur d’autres plans.
Chine. Photo par ICHIRO OHARA / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP
Chine. Photo par ICHIRO OHARA / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP

La Chine n’échappe pas aux turbulences de ces derniers mois. Le géant asiatique demeure attaché à la croissance de son économie mais ne souhaite pas pour l’heure modifier ses objectifs budgétaires pour la soutenir. Le rapport publié cette semaine expose également les priorités fixées lors du plan quinquennal s’achevant en 2030, lequel fait la part belle à l’innovation scientifique et technologique. Sheana Yue, économiste chez Oxford Economics, va dans le sens d’un pragmatisme des dirigeants chinois jugeant que les choix posés laissent à penser que les « décideurs politiques sont disposés à accepter un léger ralentissement de la croissance, les priorités structurelles étant prioritaires ». Il en veut pour preuve que la politique monétaire conserve actuellement « une orientation accommodante » et que demeure "la possibilité de recourir à des outils tels que des réductions du taux de réserves obligatoires et des baisses de taux d’intérêt". Dans l’ensemble, cela suggère que les décideurs politiques sont prêts à accepter un léger ralentissement de la croissance, les objectifs structurels étant prioritaires.

 

Arbitrage

 

Le choix effectué semble privilégier la résilience économique, le progrès technologique et l’horizon de long terme par rapport à la dynamique de court terme. Les ambitions ne sont effet pas revues à la baisse sur les champs de l’innovation, les équipes d’ING expliquant que les objectifs fixés visent à ce que l’économie numérique pèse pour 12,5 % du PIB, et pour y parvenir, les dépenses de R&D devraient croître de près de 7 % par an sur la période allant jusqu’en 2030.

Pour autant, les problèmes du modèle chinois transparaissent clairement dans les objectifs quinquennaux. Le deuxième parlant explicitement de la volonté du régime de renforcer la demande intérieure, une priorité considérée comme d’une « importance capitale » selon les économistes de la banque néerlandaise. Il faut dire que cela fait déjà plusieurs années que les autorités chinoises espèrent que la consommation intérieure va devenir un moteur de croissance plus conséquent. Sheana Yue se montre mesurée sur les chances de succès dans les mois à venir expliquant qu’en pratique, « les principaux moteurs de croissance en 2026 et 2027 continueront probablement d’être l’investissement manufacturier et la demande externe ». La consommation ne devrait prendre de l’importance qu’au fur et à mesure des années dès lors que les effets sur les revenus et la richesse se renforceront.

 

Serpent de mer

 

Il ne faudra pas chômer pour parvenir à remplir les objectifs ambitionnés à l’horizon 2030, ceux-ci ciblant expressément un des plus grands défis de l’Empire du Milieu. À savoir la question démographique avec à la fois la volonté d’encourager la fécondité et également celle de s’attaquer au vieillissement de la population. Ce dernier point nécessitant en effet que la société chinoise soit en mesure de fournir les soins appropriés à sa population et de lui fournir un système de sécurité sociale plus robuste.

L’accent est également mis sur la sécurité, une priorité déclinée sous toutes ses formes qu’elles soient alimentaire, énergétique ou encore liée au marché immobilier. Chez ING, on relève également l’ouverture de certains pans de l’économie lors des mois à venir, tout particulièrement en ce qui concerne « l’accès au marché pour les secteurs des services, où une zone pilote pour l’ouverture du secteur des services sera établie ». Une volonté qui concerne également les secteurs des télécommunications, de la biotechnologie et de la santé. L’enjeu pour la Chine est de parvenir à demeurer attractive pour les investissements étrangers, chez ING on considère que pour y parvenir Pékin va s’efforcer de « garantir un traitement national pour les investissements étrangers et à promouvoir les investissements bidirectionnels ».

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