Droit des sociétés
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Les entreprises face à la justice : une relation complexe / Des dirigeants pas prêts à lâcher leurs avocats pour l’Intelligence artificielle
Dans un contexte de judiciarisation croissante des relations économiques et sociales, la justice demeure un enjeu central pour les entreprises françaises. Menée fin 2025 auprès de 625 dirigeants représentatifs du tissu économique national, la deuxième édition du baromètre "Les entreprises et la Justice", publiée par le cabinet Racine avec OpinionWay, dresse un état des lieux nuancé des relations entre les entreprises et l’institution judiciaire.
Une perception de la justice en amélioration, mais encore fragile
Premier enseignement : l’opinion des dirigeants à l’égard du fonctionnement de la justice s’améliore. 54 % des dirigeants interrogés estiment que la justice fonctionne bien, soit une progression de 6 points par rapport à l’édition précédente.
Cette évolution positive ne masque toutefois pas des critiques structurelles. Sept dirigeants sur dix (70 %) expriment au moins une réserve sur le système judiciaire. La lenteur des procédures et leur complexité demeurent les principaux motifs d’insatisfaction, confirmant des constats déjà largement partagés par les acteurs économiques.
Les cabinets d’avocats, des partenaires largement plébiscités
À l’inverse, l’image des cabinets d’avocats ressort très nettement renforcée. 88 % des dirigeants déclarent avoir une bonne opinion de principe des cabinets d’avocats, un score en hausse de 8 points en un an.
Les entreprises ayant effectivement eu recours aux conseils attribuent à leur expérience une note moyenne de 6,9 sur 10. Un résultat qui confirme le rôle central des avocats dans l’anticipation des risques juridiques et la gestion des contentieux, en tant que partenaires stratégiques des entreprises.
Un point de vigilance demeure néanmoins clairement identifié : la question des honoraires, qui constitue le principal sujet de préoccupation exprimé par les dirigeants.
Un rejet massif d’une contribution financière à la justice
L’étude met également en lumière deux sujets d’actualité particulièrement sensibles pour les entreprises. Le premier concerne l’hypothèse d’une contribution économique demandée aux entreprises afin de renforcer les moyens de la justice. Sur ce point, l’opposition est très nette : 84 % des dirigeants se déclarent défavorables à un tel principe. Une position qui traduit une forte réticence à l’idée d’un coût supplémentaire, perçu comme insuffisamment corrélé à une amélioration tangible du fonctionnement judiciaire.
Une confiance encore très limitée envers l’IA
Second sujet clé : l’usage de l’intelligence artificielle générative dans la gestion des contentieux. Si ces technologies s’imposent progressivement dans de nombreux secteurs, leur application au domaine judiciaire suscite une prudence marquée. Ainsi, 82 % des dirigeants interrogés déclarent ne pas faire confiance aux outils d’IA générative pour évaluer de manière fiable leurs chances de succès dans un litige avant un procès, ce qui souligne l’attachement persistant des entreprises à l’expertise humaine et au rôle de conseil des avocats dans l’analyse stratégique des risques contentieux.
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