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Aperam / Sud Sivaji

Aperam a tenu le cap en 2025 / La génération de trésorerie fait la différence

Les comptes 2025 d’Aperam témoignent d’une exécution financière solide, malgré la violence du cycle sur l’inox. Pour sa première présentation annuelle comme directeur général, Sud Sivaji met en avant la résilience du modèle et la capacité du groupe à traverser le point bas tout en préparant la suite.
La discipline financière d’Aperam a permis de traverser un exercice 2025 de creux opérationnel.
La discipline financière d’Aperam a permis de traverser un exercice 2025 de creux opérationnel.

Pour sa première prise de parole annuelle dans ses nouvelles fonctions, Sud Sivaji disposait vendredi de plusieurs éléments positifs à mettre en avant. Tout récemment nommé aux commandes du groupe, le dirigeant présentait vendredi des comptes 2025 pour la première fois en tant que directeur général, dans un exercice qu’il pratique de longue date, à la tête des finances du groupe depuis 2020. Sans masquer la dureté du cycle, ces résultats mettaient néanmoins en évidence ce que le marché est venu saluer : la capacité d’Aperam à traverser un point bas tout en préservant sa trajectoire financière et stratégique. L’action Aperam gagnait un peu plus de 6 % vendredi matin, à 39,4 euros, en tête des plus fortes progressions du SBF 120. Dans un environnement de prix toujours très contraint pour l’inox, le groupe est parvenu à afficher une solidité de trésorerie et une discipline d’exécution, qui ont donné matière à ce premier message de continuité.

Sur le plan strictement comptable, l’exercice 2025 reste marqué par un net repli des résultats. Le chiffre d’affaires recule à 6,08 milliards d’euros et l’Ebita ajusté s’établit à 339 millions d’euros, en léger retrait sur un an, sous l’effet combiné de la pression sur les prix en Europe, d’une demande atone et de la faiblesse persistante du segment oil & gas dans les alliages. Le résultat net, à 9 millions d’euros, illustre la violence du cycle. Mais cette lecture ne résume pas à elle seule l’exercice. « Malgré un environnement macroéconomique difficile sur l’ensemble des activités, nous avons délivré un EBITDA de bas de cycle solide grâce aux améliorations structurelles issues de la Leadership Journey Phase 5 », a souligné Sud Sivaji, à propos de ce programme d’auto-aide centré sur la compétitivité et la maîtrise des coûts, qui a renforcé le profil défensif du groupe.

 

Le cash comme boussole

 

Cette discipline opérationnelle se lit d’abord dans la génération de trésorerie. « Les résultats restent pénalisés par l’inox, mais la génération de cash est par ailleurs solide », observe le bureau d’analystes Oddo BHF. Aperam a dégagé un flux de trésorerie opérationnel de 422 millions d’euros sur l’année, intégrant une libération de besoin en fonds de roulement significative et des investissements contenus à 137 millions d’euros. Cette combinaison a permis d’absorber l’acquisition d’Universal, spécialiste américain des alliages et des produits à forte valeur ajoutée, finalisée début 2025, tout en ramenant la dette nette sous le seuil symbolique du milliard d’euros, à 978 millions fin 2025.

Le levier financier, à 2,9 fois l’Ebitda, demeure maîtrisé malgré une année de creux opérationnel, confirmant la priorité donnée au bilan. Pour la direction, ce point est structurant. « Nous avons été capables de générer du cash pour financer les capex, rémunérer les actionnaires et réduire la dette de plus de 250 millions d’euros, malgré un marché très difficile », a détaillé Nicolas Changeur, nouveau directeur financier, entré en fonction en même temps que le nouveau directeur général. Une performance que le dirigeant rattache explicitement au modèle intégré du groupe, combinant leadership coûts et pilotage fin du besoin en fonds de roulement, qui permet à Aperam de rester générateur de trésorerie même au bas du cycle.

Cette capacité à générer du cash en bas de cycle est directement liée aux leviers activés par la Leadership Journey Phase 5. Menée à son terme avec un an d’avance, celle-ci affiche des gains cumulés de 195 millions d’euros, soit quasiment l’objectif triennal de 200 millions. Pour Sud Sivaji, ce jalon marque un point d’inflexion dans la trajectoire du groupe. « Le succès de la Phase 5 nous donne une longueur d’avance en matière de compétitivité et de productivité, alors que nous nous préparons à bénéficier du renforcement des mesures de défense commerciale au second semestre 2026 », a-t-il expliqué. C’est sur cette base que la direction a officialisé vendredi le lancement de la Phase 6, désormais orientée vers la croissance de valeur et l’innovation.

 

Une amélioration graduelle en vue

 

À court terme, la lecture des perspectives demeure prudente, mais s’oriente vers une amélioration graduelle. Le groupe anticipe un EBITDA du premier trimestre 2026 en hausse par rapport au quatrième trimestre, soutenu par une saisonnalité plus favorable et un reflux de la pression des importations en Europe. « Nous jugeons les perspectives du premier trimestre correctes, avec un EBITDA attendu en hausse par rapport au quatrième trimestre, grâce à une saisonnalité plus favorable et à une moindre pression des importations en Europe, liée aux premiers effets du CBAM », observe Oddo BHF. Entré en vigueur en octobre 2023 dans une phase transitoire limitée à des obligations de reporting, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne vise à aligner le coût carbone des importations sur celui supporté par les producteurs européens. Sa traduction financière, avec un paiement effectif du carbone importé, doit intervenir à partir de 2026, modifiant progressivement les arbitrages d’importation sur certains segments, une montée en puissance que le management anticipe comme graduelle.

Au-delà d’un environnement encore contraint, Aperam continue de mettre en avant des relais structurels destinés à lisser son exposition à l’inox européen. L’ancrage au Brésil, où les marchés demeurent plus porteurs, la montée en puissance des alliages et des spécialités depuis l’intégration d’Universal, ainsi que le développement du recyclage et des activités liées aux énergies renouvelables offrent au groupe des sources de croissance et de résilience complémentaires. « Nous continuons d’apprécier Aperam pour la qualité de son exécution et pour la solidité de ses relais de croissance de long terme au Brésil, dans les alliages et le recyclage », résume Oddo BHF, qui souligne également le potentiel de revalorisation associé au durcissement progressif du cadre européen de défense commerciale. Aperam a, selon son directeur général, profondément changé de physionomie au cours des dernières années. « C’est un moment charnière pour Aperam. Nous avons accru la diversité de nos implantations géographiques, le mix de nos activités et renforcé la chaîne de valeur du groupe grâce à deux acquisitions et une coentreprise au cours des quatre dernières années. »

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