Publications, Résultats
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Bouygues tire parti de la trajectoire d’Equans / Le groupe affiche plus de confiance quant à ses perspectives
Bouygues se montre plus optimiste pour 2026 : le conglomérat a profité de sa publication trimestrielle pour relever sa prévision de résultat opérationnel courant des activités (ROCA). Initialement attendu stable, celui-ci devrait désormais enregistrer une légère progression au titre de l’exercice en cours. L’amélioration du ROCA d’Equans et, dans une moindre mesure, de celui de Bouygues Construction permettra ainsi de compenser les baisses attendues chez TF1, en lien avec les tensions sur le marché de la publicité linéaire. Mais aussi chez Bouygues Telecom et Bouygues Immobilier, du fait d’une hausse prévue des amortissements chez l’opérateur télécoms et des difficultés du marché immobilier pour le second.
Ce relèvement intervient après une progression de 44 millions d’euros de l’indicateur sur un an, à 1,86 milliard d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, contre 1,83 milliard attendu par le consensus des analystes compilé par le groupe. Le chiffre d’affaires est, de son côté, resté stable à taux de change constants, à 41,6 milliards d’euros. Les analystes tablaient sur 41,5 milliards d’euros. L’objectif de stabilité annuelle du chiffre d’affaires est quant à lui confirmé.
Un temps d’avance pour Equans
La progression du ROCA du groupe a donc essentiellement été portée par Equans : celui-ci s’est établi à 739 millions d’euros sur neuf mois, soit un gain de 174 millions d’euros sur un an. La marge des activités a grimpé de 1,4 point, pour atteindre 5,5 %. « Nous relevons, pour la deuxième fois, la perspective de marge annuelle d’Equans », a souligné Stéphane Stoll, directeur général adjoint et directeur financier de Bouygues, lors de la présentation des résultats à la presse. Il est désormais anticipé qu’elle sera au moins égale à son niveau actuel, après un premier relèvement de la cible à 5,2 % au premier semestre 2026. De quoi afficher une avance sur les prévisions établies en 2023. « Nous avions alors fixé un objectif de marge de 5 % en 2027 », a rappelé Stéphane Stoll.
L’autre fait marquant de la publication, chez Equans, concerne son carnet de commandes : il s’établit à un niveau record de 27,7 milliards d’euros à fin septembre, en progression de 7 % sur un an. Entre janvier et septembre, les prises de commandes ont quant à elles atteint 15,3 milliards d’euros. Record, également, pour la période. Les prises de commandes portant sur des contrats inférieurs à 5 millions d’euros restent majoritaires, représentant 65 % du total. Celles portant sur des contrats d’un montant supérieur sont néanmoins en forte hausse, précise le groupe, notamment sur plusieurs segments de niche, comme les data centers, les systèmes d’énergie, ou encore le solaire et le stockage.
S’agissant du chiffre d’affaires, il recule de 1 % à taux de change constants, à 13,5 milliards d’euros sur neuf mois. Bouygues précise toutefois que l’amélioration progressive anticipée au fil de l’exercice se concrétise, avec un chiffre d’affaires en hausse de 2 % au troisième trimestre. Ceci permettant ainsi de compenser graduellement le démarrage poussif du début d’année. Equans a enfin réalisé dix acquisitions sur la période, représentant quelque 315 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Au sein de la division construction
Les performances de la division construction, qui regroupe désormais Colas, Bouygues Construction et Bouygues Immobilier, sont plus contrastées. Dans l’ensemble, son carnet de commandes a progressé de 400 millions d’euros sur un an et s’est établi à 32,5 milliards d’euros : il s’agit d’un niveau record à fin septembre, se félicite Bouygues. Il a été porté par l’activité commerciale à l’international, hors Europe, en hausse de 8 % sur un an. En parallèle, il a reculé de 2 % en France et de 4 % dans le reste de l’Europe. Les tendances divergent également au sein de la division.
Colas, par exemple, voit son carnet de commandes se stabiliser à taux de change constants et hors principales cessions et acquisitions, à 13,9 milliards d’euros. Les tendances contrastent également entre la France et l’international, plus particulièrement pour le carnet « route » : celui-ci a progressé de 2 % au total, avec toutefois un recul de 12 % dans l’Hexagone et une hausse de 9 % à l’international. Le carnet « rail » baisse quant à lui de 7 %, sous l’effet d’une base de comparaison élevée. Les prises de commandes dans la route sont, de leur côté, en léger recul. Elles se sont notamment repliées en France, comme anticipé, sous l’effet du cycle électoral municipal. L’activité de route de Colas en France dépend à hauteur de 63 % des collectivités locales.
Bouygues Construction profite, de son côté, d’une forte visibilité, avec un carnet de commandes de 18 milliards d’euros, en hausse de 1 % à taux de change constants, soutenu par les pôles Bâtiment France et International. La bonne dynamique des activités de fonds de commerce (contrats inférieurs à 100 millions d’euros) a contribué à alimenter les prises de commandes sur neuf mois, à 7,9 milliards d’euros. Bouygues Construction a également remporté plusieurs contrats d’envergure majeurs au troisième trimestre, dont l’un portant sur l’extension d’un campus de data centers en Australie, d’une valeur de 1,2 milliard d’euros.
Bouygues Immobilier continue, pour sa part, de pâtir d’un environnement de marché complexe, avec un carnet de commandes en forte baisse de 13 % à taux de change constants, à 600 millions d’euros. La dégradation brutale des conditions de marché en septembre a également entraîné une forte remontée des taux de désistement, sur fond de recul de la confiance des ménages et de hausse des taux d’intérêt.
Au total, la division construction affiche un chiffre d’affaires de 20,7 milliards d’euros sur neuf mois, en hausse de 1 % à périmètre et change constants, avec une progression soutenue chez Bouygues Construction. Le ROCA s’établit, de son côté, à 585 millions d’euros, en léger retrait de 6 millions d’euros sur un an, tandis que la marge de ROCA des activités de construction ressort à 2,8 %, en baisse de 0,1 point sur la période. Celle de Bouygues Construction, à 3,5 %, en hausse de 0,2 point sur un an, atteint son plus haut niveau pour la période depuis 2018. Le ROCA de Bouygues Immobilier s’établit à l’inverse à - 39 millions d’euros, contre + 10 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2025. Un recul qui traduit à la fois la baisse de l’activité depuis janvier, mais aussi l’absence de certains éléments exceptionnels qui avaient soutenu le ROCA du troisième trimestre de 2025.
Une publication bien accueillie en Bourse
Le résultat net, part du groupe, est, de son côté, affecté par une dépréciation comptable de 569 millions d’euros de la participation de Bouygues dans TF1, comme annoncé en fin de semaine dernière, en raison du recul marqué du marché de la publicité linéaire. Bouygues rappelle que cet ajustement comptable n’a pas d’impact sur la trésorerie ni sur la capacité d’investissement du groupe. L’endettement financier net s’est, quant à lui, nettement amélioré : il a diminué de 2 milliards d’euros sur un an, pour s’établir à 5,6 milliards d’euros. L’ensemble de la publication est en tout cas bien accueilli par les marchés : le titre Bouygues progresse depuis l’ouverture de la séance et gagne encore plus de 3 % cet après-midi, parmi les plus fortes hausses du CAC 40 du jour.
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