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Aperam s’ouvre les portes du marché américain et de celui de l'aéronautique / Le rachat d’Universal Stainless marque une étape clé dans sa diversification

Aperam renforce sa stratégie de diversification avec le rachat d’Universal Stainless & Alloy Products pour 537 millions de dollars. Cette acquisition, la plus importante depuis sa scission d’ArcelorMittal en 2011, vient muscler sa division Alloys & Specialties et marque une étape clé dans la montée en gamme du groupe, misant sur l’aéronautique et les marchés américains pour réduire sa dépendance à l’Europe.
Emmanuel Macron en visite dans une usine Aperam - (Photo by PHILIPPE HUGUEN / AFP)
Emmanuel Macron en visite dans une usine Aperam - (Photo by PHILIPPE HUGUEN / AFP)

C’est fait, Aperam a bouclé le rachat de la société américaine Universal Stainless & Alloy Products. Réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de 537 millions de dollars (516 millions d’euros), la transaction dépasse par son ampleur celle du groupe spécialisé dans le recyclage de ferraille d'acier ELG en 2021. Celle-ci avait coûté 357 millions d’euros. Il s’agit ainsi de la plus importante opération de croissance externe pour le producteur d’acier inoxydable depuis sa scission d’ArcelorMittal en 2011.

Le groupe dirigé depuis 2014 par l’italien Timoteo Di Maulo a d’ailleurs accepté de payer un prix élevé, y compris en relatif, se traduisant par un multiple de 7,7 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de sa cible attendu en 2024 et 6,9 fois celui de 2025. C’est plus que ce qu’Aperam est lui-même valorisé (4,8 fois), mais cela "reste inférieur au multiple de 10 fois consenti par Acerinox en février pour Haynes", un autre spécialiste américain des alliages pour l’aéronautique acquis pour 979 millions de dollars, observe le cabinet Oddo BHF.

L’essentiel, toutefois, est que cette opération reste bien à la portée du groupe. Selon Aperam, le levier net pro forma devrait atteindre 2,4 fois d'ici la fin de l'année avant de se réduire à 1,2 fois en 2025. Sans compter que, en incluant les synergies, estimées à 27 millions d’euros, le multiple 2025 tombe à 5.

Mais le principal intérêt pour Aperam dans cette opération va bien au-delà de ces synergies. En s’offrant Universal Stainless & Alloy Products, le groupe renforce son empreinte dans le secteur des alliages spéciaux, en particulier sur le marché porteur des pièces pour l'aéronautique. Ce segment à plus haute valeur ajoutée, avec des marges supérieures et une demande soutenue pour des matériaux de qualité, s’inscrit pleinement dans la stratégie de diversification du groupe.

 

Un positionnement contracyclique renforcé

 

L’intégration d’Universal Stainless permet ainsi à Aperam de consolider sa division Alloys & Specialties, qui représentera désormais environ 12 % de l’Ebitda du groupe en 2026, contre 17 % auparavant, selon les estimations d’Oddo BHF. "Les activités d’alliages opèrent sur des marchés beaucoup plus protégés avec des barrières à l’entrée technologiques et réglementaires plus fortes qui rendent la concurrence chinoise ou asiatique beaucoup moins sensible que dans l’inox", explique le cabinet.

Timoteo Di Maulo, le directeur général du groupe, ne dit pas autre chose. "Cette acquisition est une étape clé dans notre plan stratégique visant à décommoditiser notre de produits", a-t-il souligné. En déplaçant le centre de gravité de ses revenus vers des secteurs moins exposés aux aléas macroéconomiques, cette montée en gamme, avec une attention accrue portée aux segments à haute valeur ajoutée, notamment l’aéronautique, est ainsi à même de contribuer à renforcer le caractère contracyclique du modèle d’Aperam.

L’autre atout est géographique, l’opération venant remédier à la moindre exposition du groupe aux Etats-Unis en comparaison de ses concurrents Acerinox ou Outokumpu, qui participe de leur meilleure perception boursière.

L'opération intervient à quelques semaines de la publication des résultats annuels, prévue le 7 février prochaine, celle-ci ayant de fortes chances de confirmer les effets de l’amélioration de l’empreinte industrielle du groupe observé au troisième trimestre. Les analystes de Deutsche Bank anticipent une nouvelle amélioration séquentielle de l’Ebitda grâce à une meilleure performance dans le secteur des alliages et du recyclage et à un impact saisonnier négatif moins important au Brésil, qui montre, soulignent-ils, "que la stratégie commence à porter ses fruits".

 

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