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Macro-économie / Taux / France / gaz à effet de serre / 2025

Macro-économie / Taux
France / gaz à effet de serre / 2025

Décarbonation : le compte n’y serait pas pour la France en 2025 / Les émissions baissent trop peu rapidement

Selon la dernière édition 2025 du baromètre prévisionnel du Citepa, les émissions nationales de gaz à effet de serre poursuivent leur diminution, mais à un rythme nettement insuffisant pour respecter la trajectoire fixée par la Stratégie nationale bas-carbone. Si certains secteurs confirment leur repli, d’autres marquent le pas, révélant un essoufflement global de la dynamique de baisse.
Usine dans les Pyrénées - Arnaud Chochon / Hans Lucas via AFP
Usine dans les Pyrénées - Arnaud Chochon / Hans Lucas via AFP

La France va devoir faire plus d’effort de décarbonation. Au total, les émissions nationales (hors utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) atteindraient 363 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO₂e) en 2025, selon le Citepa. La baisse serait donc limitée à 5,8 Mt CO₂e, soit -1,6 % en un an. De sorte que la France ne s’inscrirait pas, à ce stade, sur une trajectoire compatible avec ses engagements climatiques de moyen terme. Le Citepa souligne toutefois le caractère prévisionnel de ces résultats : il faudra attendre la publication de l’inventaire national consolidé, prévue en juin 2027, pour confirmer ou infirmer cet atterrissage annuel.

La diminution attendue en 2025 serait principalement imputable au secteur de l’industrie manufacturière et de la construction, dont les émissions reculeraient de 2,2 Mt CO₂e (-3,4 %). Cette évolution s’inscrit dans un contexte de ralentissement de l’activité industrielle, notamment dans les branches les plus émettrices comme la chimie, la métallurgie ou la production de ciment, combiné à une poursuite de la décarbonation des procédés.

Les transports, premier secteur émetteur en France, afficheraient également une baisse, mais modeste : -1,7 Mt CO₂e (-1,4 %). Avec des émissions estimées à 123 Mt CO₂e en 2025, le secteur reste très éloigné de la trajectoire compatible avec les objectifs du projet de SNBC 3, qui nécessiterait une réduction moyenne de 5 % par an d’ici 2030.

L’agriculture contribuerait aussi à la baisse globale (-1,4 Mt CO₂e ; -1,8 %), principalement sous l’effet de la poursuite de la décapitalisation du cheptel bovin. Les émissions du résidentiel-tertiaire reculeraient légèrement (-0,6 Mt CO₂e ; -1 %), une évolution jugée insuffisante au regard des ambitions climatiques affichées pour ce secteur.

Après deux années de diminutions record, les émissions du secteur de l’énergie marqueraient quasiment le pas en 2025. Estimées à 33,1 Mt CO₂e, elles ne reculeraient que de 0,2 % par rapport à 2024. La poursuite d’un mix électrique largement décarboné, porté par un nucléaire à un niveau historiquement élevé, ne suffit plus à générer les gains massifs observés entre 2022 et 2024. 

Par ailleurs, le baromètre met en évidence des écarts significatifs entre les tendances observées et les objectifs de la SNBC 3, publiée en décembre 2025. Dans le bâtiment comme dans les transports, les rythmes actuels de baisse restent très inférieurs à ceux nécessaires pour atteindre les cibles 2030.

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