Macro-économie / Taux / PLF / 2025 / projet de loi spéciale / Roland Lescure
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PLF / 2025 / projet de loi spéciale / Roland Lescure
Une réforme des retraites qui compte pour les marchés / Une suspension ou une abrogation serait scrutée de près par les agences de notation
Une réforme dont la disparition serait coûteuse tant à court qu’à moyen terme. Le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu rejoignant cette semaine le constat que le coût pour les finances publiques se compterait en centaines de millions d’euros en 2026 et en milliards d’euros pour l’année suivante. Cette réforme des retraites continue à diviser la scène politique hexagonale là où elle rassemble un large consensus en sa faveur en dehors de nos frontières.
Le rapport annuel Mercer avait ainsi salué sa mise en place en fin d’année 2024, considérant qu’elle "a en effet amélioré la viabilité du système par répartition, compte tenu de l’allongement de la durée de cotisation, au détriment de celle de la retraite". Hadrien Camatte, économiste senior France, Belgique et zone euro chez Natixis Corporate & Investment Banking, soulignait quant à lui ce jeudi qu’il "s’agit là d’une des seules réformes structurelles mises en œuvre par la France ces dernières années, ce qui pourrait accroître la pression sur les notations françaises ". L’économiste considérant que sa disparition engendrerait "un coût limité à court terme et un coût très élevé dans une perspective à plus long terme", déroulant un agenda où le coût serait supérieur à 10 milliards d’euros chaque année à moyen terme, de l’ordre de 3 milliards d’euros en 2027 et de 500 millions d’euros en 2026.
Échéances
Dans ces conditions, difficile de voir une suspension ou une abrogation être perçue favorablement par les agences de notations – pour rappel deux des mastodontes américains doivent se prononcer sur la note souveraine hexagonale dans les semaines à venir – alors que la France possède déjà un âge légal de départ à la retraite parmi les plus jeunes d’Europe. Cependant les équipes de Natixis CIB soulignaient également que les marchés percevraient probablement positivement la stabilité politique à court terme et on peut supposer que celle-ci soit au rendez-vous en cas d’accord sur ce sujet ardu.
Là où il y a quelques semaines Hadrien Camatte s’était confié à WanSquare, ne "jugeant absolument pas certain [que l’on voie une dégradation de la part de Standard & Poor's]. Puisque S & P nous a dégradés récemment et nous a placés sous perspective négative cette année. Donc ça ferait une dégradation sur une période extrêmement courte ", une suspension ou une disparation de la dernière réforme des retraites en date donnerait plus de poids à un scénario averse pour la France.
Domino
Les spécialistes de la notation souveraine ne sont pas les seuls à scruter de près la situation tricolore, du côté de Bercy on confiait cette semaine "que sur la question des retraites, le maintien de l'équilibre financier de la réforme des retraites fait partie des engagements français" au niveau européen. Un message martelé cet après-midi par Roland Lescure, ministre de l’Economie démissionnaire, juste avant une discussion avec ses homologues de la zone euro. Il a en effet affirmé qu’il "y a une majorité de parlementaires en France qui veulent la stabilité […] et qui s’accordent sur une chose, c’est que nous avons besoin d’un budget pour 2026, et, c’est très important, d’un budget qui respecte les engagements que nous avons pris envers nos amis Européens, donc c’est ce qu’il va se passer".
Pour rappel la France dispose d’un laps de temps allant jusqu’en 2029 pour retourner à un déficit de 3 % et une loi de finances spéciale rendrait difficile le redressement des finances publiques hexagonales. Les équipes de Natixis CIB considéraient ce matin qu’un fort effort consolidation additionnel à la loi spéciale permettrait uniquement d’obtenir un déficit public de l’ordre de 5 %, une consolidation modérée aboutissant à un chiffre de l’ordre de 5,4 % et l’absence de consolidation à celui de 5,8 %.
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