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investissement; financement, refinancement

Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Dette / obligations

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Banque Mondiale / Dette / obligations

La dette des pays en développement poursuit sa hausse inexorable / Son remboursement leur coûte de plus en plus cher

Des paiements liés à la dette extérieure qui dépassent très largement le volume de nouveaux financements obtenus par les pays en développement. Ce constat n’est certes pas nouveau, cependant la Banque mondiale dévoile dans son dernier rapport sur la dette internationale que l’écart entre les deux est désormais le plus important depuis plus d’un demi-siècle et est de quelque 741 milliards de dollars.
Drapeaux. Photo by TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Drapeaux. Photo by TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Un répit de courte durée. Bien que l’an passé ait pu être plus calme pour un certain nombre de pays en développement, avec le retour d’un certain nombre d’entre eux sur les marchés obligataires, la dynamique de leurs finances reste mauvaise à en écouter la Banque mondiale. Celle-ci expliquant dans son rapport sur la dette internationale qu’il est à craindre que de nombreux facteurs soient défavorables à ces pays ; c’est notamment le cas pour les taux d’intérêt moyens sur les nouveaux prêts qu’ils ont contractés en 2024 que ce soit auprès des créanciers publics et privés. Ils se situent en effet à leur niveau le plus élevé en 24 ans et 17 ans.

Il n’en demeure pas moins que la restructuration de leur dette effectuée par de nombreux pays semble avoir été écartée pour l’heure le risque d’un certain nombre de défauts de paiement. L’institution arguant que ce ne sont pas moins de 90 milliards de dollars de dette extérieure qui ont été restructurés en 2024, un montant qui n’avait plus été atteint depuis 2010. Couplé à l’injection de quelque 80 milliards de dollars de financements par des investisseurs obligataires, cela explique le succès des émissions obligataires récentes. Le revers de la médaille étant le coût considérable de ces opérations puisqu’il est question de "taux d’intérêt [qui] ont fluctué autour de 10 %, soit environ le double des niveaux observés avant 2020".

 

Boule de neige


De quoi porter les paiements aux titres des intérêts de la dette à un montant record de quelque 415 milliards de dollars. Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement, profite de la publication du rapport pour tirer la sonnette d’alarme pour les pays en développement considérant que "leur dette continue de s’accumuler, parfois sous des formes nouvelles et pernicieuses". Un constat qui le pousse à considérer que "les responsables publics, où qu’ils soient, devraient profiter de la marge de manœuvre dont ils disposent aujourd’hui pour remettre de l’ordre dans leurs finances publiques, au lieu de précipiter leur retour sur les marchés d’emprunt internationaux". 

D’autant plus que les économies développées semblent quant à elles bien moins actives qu’elles ne l’étaient auparavant ; rien qu’en 2024, il s’avère que "les créanciers bilatéraux ont reçu des pays en développement 8,8 milliards de dollars de plus en principal et en intérêts qu’ils n’en ont versés en nouveaux financements". De quoi rendre encore plus essentielles les actions menées par les banques multilatérales de développement, la Banque mondiale aurait ainsi fourni en 2024 aux 78 pays éligibles aux prêts de l’Association internationale de développement, pas moins de "18,3 milliards de dollars de nouveaux financements de plus que ce qu’elle a perçu en remboursements du principal et en paiements des intérêts. Ce chiffre record s’est en outre accompagné du versement de 7,5 milliards de dollars de dons, lui aussi sans précédent".

 

Transformation


De quoi pousser un certain nombre de pays en développement à se tourner vers des créanciers intérieurs qu’il s’agisse de banques commerciales ou d’institutions financières locales. Les données disponibles indiquent que plus de la moitié des 86 pays analysés auraient "vu leur dette publique intérieure augmenter plus rapidement que la dette publique extérieure". Haishan Fu, statisticienne en chef de la Banque mondiale et directrice de la cellule Données sur le développement, considère que cette "propension grandissante de nombreux pays en développement à recourir à des sources de financement nationales traduit une réussite importante de l’action publique".

Cependant, il ne s’agit pas d’un remède miracle puisque d’une part cela pourrait conduire les banques nationales à prêter moins au secteur privé local et de l’autre cette dette publique contractée serait soumise à des échéances relativement courtes. La statisticienne considère que cette situation pourrait faire bondir le coût du refinancement et qu’il ne faut pas abuser de cette solution. Plus les sommes alloués à la charge de la dette sont conséquents et plus les fonds disponibles pour d’autres champs de l’action publique seront restreints qu’il s’agisse de l’éducation, de la R & D ou autre.

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