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bancaire; zone euro; non bancaire

Macro-économie / Taux / Guindos / BCE / stabilité financière

Macro-économie / Taux
Guindos / BCE / stabilité financière

La stabilité financière préoccupe à Francfort / Luis de Guindos surveille tout particulièrement les valorisations de la tech américaine

Sans se risquer à citer nommément les acteurs en question, Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), vient d’exposer les principales vulnérabilités pour la stabilité financière à ses yeux. Le banquier central a notamment insisté sur la dynamique récente ayant accentué l’interconnexion entre « quelques grands groupes technologiques américains » et sur la concentration du marché associé. Les conséquences d’une baisse soudaine des cours sont redoutées.
Luis de Guindos - ANDRE PAIN / AFP
Luis de Guindos - ANDRE PAIN / AFP

Une concentration menaçant la stabilité financière tout entière. Le message délivré par Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), ne fait pas de faux-semblants et explique redouter les conséquences d’un retournement du marché pour les bilans des intermédiaires financiers non bancaires. Il considère que deux facteurs pourraient servir de catalyseurs pour des ventes forcées accentuant les tensions sur les marchés ; d’une part le niveau élevé d’endettement de certains fonds spéculatifs et de l’autre les vulnérabilités persistantes en matière de liquidité des fonds ouverts.

Le banquier central a d’autant plus insisté sur ce point qu’il considère que "le regain d’optimisme observé depuis le rebond des marchés boursiers mondiaux après leurs points bas d’avril a encore accentué les valorisations déjà élevées". La concentration des indices boursiers attise sa surveillance étant donné qu’elle les rendrait particulièrement sensibles à "d’éventuels chocs affectant leurs modèles économiques relatifs à l’IA". Le secteur public n’est néanmoins pas exempt de tout reproche à en croire ses déclarations lors d’un congrès bancaire à Francfort.



Engrenages

 

La problématique budgétaire a également été abordée par ses soins, tout particulièrement en ce qui concerne certains pays de la zone euro qui "restent accablés par un niveau d’endettement élevé, et d’importants déficits budgétaires devraient persister dans les années à venir ". La faille pourrait bien provenir des besoins en matière de défense, ces derniers étant susceptibles de progresser nettement dans les années à venir. De quoi engendrer des dérapages budgétaires et un non-respect du nouveau cadre budgétaire de l’UE ce qui pourrait "mettre à l’épreuve la confiance des investisseurs, en particulier dans les pays dont le contexte politique est plus fragile".

D’autres géographies sont concernées par des faiblesses sur le plan budgétaire à en écouter Luis de Guindos, notamment les Etats-Unis, et pourraient bien conduire la soutenabilité des dettes souveraines à faire l’objet d’une réévaluation. Avec les conséquences que cela implique en matière de rémunération du risque.

 

Bilan

 

Les différentes entreprises de la zone euro pourraient bien conduire quant à elles "à une détérioration de la qualité du crédit et à une augmentation des besoins de provisionnement, à mesure que les effets des droits de douane se répercutent sur l’économie réelle ". L’industrie manufacturière serait tout particulièrement concernée, tant elle concentre une grande part du crédit, de l’emploi et de la valeur ajoutée. L’insistance sur les établissements non bancaires de Luis de Guindos y est à nouveau exprimée, celui-ci expliquant que ces firmes avaient désormais une interdépendance croissante avec les banques pouvant accroître les problématiques de financement.

L’heure semble à ne pas relâcher les contraintes réglementaires à l’écouter, voire plutôt à renforcer le cadre macroprudentiel s’appliquant au secteur non bancaire. Il regrette que, pour l’heure, la nature des marchés privés fasse qu’ils manquent de transparence. Le banquier central argue également que "l’opacité des pratiques d’évaluation soulève des inquiétudes quant à la possibilité d’erreurs d’évaluation et de retards dans la comptabilisation des pertes ". Il pointe que des difficultés existent pour réaliser des sorties sur les marchés du capital-investissement, ce qui peut indiquer un décalage entre les valeurs comptables et les valeurs de marché. "Les acteurs des marchés privés entretiennent des liens de financement et de partenariat de plus en plus importants avec les banques et les assureurs, offrant ainsi des canaux de rétroaction potentiels vers l’ensemble du système financier. Pour les banques, des risques pourraient émerger d’expositions de prêts directes ou communes à ces marchés", ajoute-t-il.

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