Macro-économie / Taux / Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France / stabilité financière
Macro-économie / Taux
Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France / stabilité financière
Le système financier tricolore doit rester sur ses gardes / La Banque de France surveille de près les risques cycliques et structurels
Une solidité susceptible d’être mise à l’épreuve rapidement. Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure à la Banque de France, n’a pas manqué de souligner en présentant le rapport sur la stabilité financière de la Banque de France à quel point le "système financier français est diversifié et solide". Pour autant, elle a également appelé à la plus grande vigilance, expliquant qu’aux risques connus de longue date s’ajoutent désormais de nouveaux dangers en lien notamment avec les cryptoactifs.
Redouté des investisseurs, le scénario d’une correction de marché désordonnée préoccupe également la Banque de France. Le rapport publié par ses soins met en avant l’exposition des intermédiaires financiers non-bancaires européens aux actifs américains et les positions à fort effet de levier prises par certains fonds comme des vulnérabilités pouvant se répercuter sur le système financier français. Les dettes souveraines interrogent également du côté de l’institut d’émission où on évoque des fragilités provenant tant de la hausse du levier sur le marché du repo américain que de la réduction de la demande des investisseurs sur la partie longue de la courbe. Cependant, plusieurs facteurs de résilience sont là pour contenir ces dangers dont la liquidité abondante des marchés primaire et secondaire français fait partie.
Propagation
La façon dont le système financier hexagonal et européen pourrait pâtir d’un choc sur les actifs risqués américains a été détaillée point par point par la seconde sous-gouverneure à la Banque de France. Celle-ci imaginant que la secousse initiale provoquerait une baisse de la valeur des portefeuilles de nombreux fonds d’investissement, entraînant des besoins de liquidités d’autant plus conséquents que l’effet de levier est largement utilisé et dessinant le chemin d’une contagion à l’économie réelle via les ventes de titres qui suivraient. De quoi accentuer la baisse des marchés et finalement détériorer les conditions de financement et entraîner un resserrement du crédit adressé aux ménages.
Le secteur privé tricolore se passerait bien d’un tel futur, ses entreprises présentant toujours un endettement élevé et ce malgré la stabilisation de leurs conditions de financement. D’autres dangers les guettent également qu’il s’agisse de ceux provenant de la sphère cyber ou de ceux liés au climat ou à la tokenisation. Les premiers sont accentués par la dépendance aux services tiers qui apparaît de plus en plus claire, la part des banques européennes déclarant avoir subi au moins une cyberattaque ayant occasionné des incidents majeurs ne cesse de progresser.
Reste du monde
L’économiste n’a pas non plus éludé la possibilité d’un ralentissement des perspectives de croissance à l’échelle mondiale. Concernant les risques de barrières tarifaires américaines plus fortes, elle a rappelé que la France avait une exposition commerciale directe aux États demeurant relativement limitée. Agnès Bénassy-Quéré est également allée de son commentaire concernant la situation des finances publiques tricolores, jugeant qu’un déficit supérieur à 5 % constituerait "une zone de danger avec un risque de retournement des conditions de financement". Les niveaux des rendements souverains européens à 10 ans ont également été commentés par ses soins, la convergence en cours étant certes positive à ses yeux et ce, malgré le fait qu’il aurait été souhaitable qu’elle s’opère vers le bas et non vers le haut.
Elle a également cherché à rassurer son auditoire sur la coopération entre les États-Unis et le reste du monde sur les questions de stabilité financière. Elle a jugé qu'elle perdurait, notamment que ce soit à la Banque des règlements internationaux ou au comité de Bâle, le dialogue étant qualifié de plus compliqué mais d’existant. L’année à venir devrait cependant tant voir la France à travers la présidence du G7, que les États-Unis à travers celle du G20, mettre en avant les problématiques de stabilité des systèmes financiers.
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