Macro-économie / Taux / Japon / Chine / croissance
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Japon / Chine / croissance
L’économie japonaise subit un coup d’arrêt / Elle devrait rapidement retrouver le chemin de la croissance
Sanae Takaichi n’a pas attendu la publication des chiffres du troisième trimestre pour élaborer son plan de soutien à l’économie. Celle qui est la première femme à être devenue Premier ministre au Japon travaille en effet à des mesures de soutien qui devraient être officialisées en fin de semaine. Sa ministre des Finances indiquant ce dimanche à la presse locale qu’il est question d’une enveloppe totale "nettement supérieure" à 95 milliards d’euros.
Norihiro Yamaguchi, économiste principal chez Oxford Economics, rappelle que bien que le PIB réel du Japon ait reculé de 0,4 % en glissement trimestriel au troisième trimestre, après avoir progressé de 0,6 % au deuxième trimestre ce résultat demeure "légèrement supérieur au consensus (-0,6 %) et à nos prévisions (-0,7 %)". De quoi lui faire arguer qu’il continue "de tabler sur une amélioration progressive de l’économie en 2026". Certains des fondamentaux de l’économie japonaise montrent des signes d’amélioration dans un futur proche.
Tempérer
L’économiste explique effectivement qu’il estime pour les mois à venir que "la consommation devrait s’améliorer modestement, soutenue par une hausse modérée des revenus réels des ménages". Il s’attend également à ce que les dépenses d’investissement continuent à être soutenues par une demande conséquente de logiciels. John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, appelle quant à lui à attendre la fin de semaine pour mieux apprécier la situation nippone.
L’analyste expliquant que ce "vendredi sera décisif : inflation, PMI, commandes de machines, exportations et importations permettront de juger si l’économie se stabilise après la contraction attendue de 0,6 % au T3". Il relève également que les relations entre Pékin et Tokyo ne sont pas au beau fixe, ce qui n’a pas été sans incidence sur les marchés actions récemment. Ces derniers ayant rapidement réagi à des propos de Sanae Takaichi sur Taïwan.
Méfiance
Ce désamour grandissant entre les deux pays asiatiques est déjà perceptible dans les chiffres du troisième trimestre à en croire Oxford Economics, avec des achats des touristes étrangers qui ont reculé de 1,6 % en glissement trimestriel. Norihiro Yamaguchi arguant qu’il s’agit de "leur première baisse depuis le troisième trimestre 2024, en raison d’une diminution du nombre de touristes en provenance de la région de la Grande Chine". Les passes d’armes médiatiques récentes lui laissent à penser qu’il n’y aura pas de reprise de ce côté-là d’ici la fin de l’année.
Reste à savoir si Pékin adoptera des mesures de rétorsion suite aux prises de position de la Première ministre, des exportations plus ténues de terres rares ou des mesures contre le secteur automobile japonais sont évoquées ces derniers jours. Loin d’être une bonne nouvelle pour une économie largement tournée vers les exportations, pour lesquelles la dynamique n’est pas positive dernièrement. Norihiro Yamaguchi exposant que "les exportations nettes ont contribué négativement, les exportations ayant diminué (-1,2 % en glissement trimestriel, après 2,3 % au deuxième trimestre) davantage que les importations (-0,1 %, après 1,3 %). La faiblesse des exportations a été particulièrement marquée dans le secteur des services, qui a reculé de 2,1 %, tandis que les exportations de biens ont légèrement diminué de 0,8 %". Difficile d’imaginer la Banque du Japon relever ses taux d’intérêt au vu de ces conditions, le combat contre l’inflation qui ruine les revenus réels des ménages japonais risquant de détériorer une demande loin d’être au beau fixe.
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