Macro-économie / Taux / Rexecode / Politique / énergie / économie
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Rexecode / Politique / énergie / économie
Une politique énergétique difficilement pensable seule / Rexecode en dresse une ébauche en tenant compte des finances publiques hexagonales
Le mal est déjà fait. Les dépendances de la France sur le volet de l’énergie ne datent pas d’hier, ce qui rend la tâche de la prochaine Programmation Pluriannuelle de l’Énergie d’autant plus ardue. Un triptyque pour mesurer le succès de celle-ci est proposé par les équipes de Rexecode, il s’agit d’aligner la décarbonation, la compétitivité et la souveraineté. Elles déplorent que pour l’heure un ensemble de facteurs retardent les décisions d’investissements.
Avant même de s’attaquer à l’arbitrage entre les priorités, il est mis en avant tant des signaux-prix contradictoires qu’une incertitude réglementaire aux effets délétères. Une des faiblesses majeures de la France dans la transition énergétique est expliquée par le biais des panneaux solaires photovoltaïques, bien que ces derniers constituent "une solution de production d’électricité efficace et de moins en moins coûteuse, sa chaîne de valeur quasi intégralement localisée en Asie fait que son déploiement entraîne peu de co-bénéfices macroéconomiques pour la France et l’Europe en termes d’emplois et de valeur ajoutée industrielle". Une situation que seule une coordination entre la politique industrielle et économique avec celle énergétique peut changer. L’efficacité de la politique énergétique de cette dernière étant à juger à l’aune "de sa capacité à envoyer des signaux clairs et aussi stables que possible ", afin de permettre aux différents acteurs économiques d’agir conformément à la trajectoire souhaitée.
Deux niveaux
Impossible de raisonner à la seule échelle de l’Hexagone pour les autorités françaises, pour autant il convient de ne pas négliger la tenue d’une feuille de route nationale tant celle-ci "devient un guide pour peser activement sur la redéfinition des règles du jeu à Bruxelles". Sans ligne de conduite claire, il est effectivement illusoire d’espérer peser sur les discussions européennes et la défense du modèle énergétique qui est le nôtre. C’est particulièrement vrai sur les règles de marché ayant trait à l’électricité, un point sur lequel Paris doit batailler de longue date pour tâcher de les rendre "plus compatibles avec la coexistence d’une production pilotable décarbonée comme le nucléaire avec les énergies renouvelables".
Le débat n’est cependant pas inexistant tant il est difficile de concilier les membres du triptyque décrit précédemment. Agir trop rapidement sur le volet réglementaire en faveur des énergies renouvelables pourrait bien faire exploser les prix tout comme favoriser le maintient de prix le plus bas possible est susceptible de freiner le déclin des énergies fossiles. Le prix d’une moindre dépendance à certains acteurs nécessite également des efforts financiers notamment de diversification qui se répercuteront également sur la facture finale.
Arbitrer
Compte tenu de la situation contrainte des finances publiques françaises, chez Rexecode on imagine que "les ménages français, jusqu’ici relativement protégés par rapport à leurs voisins, devraient supporter une part plus importante des surcoûts de la transition". Prenant l’exemple de l’Allemagne qui a toujours arbitré en faveur des entreprises et au détriment des consommateurs sur cette question. Plus les choix sont favorables aux firmes, plus elles sont en effet en mesure d’effectuer les investissements nécessaires à la transition. Il n’est pas cependant question d’un "choc insupportable" pour les ménages, mais un tel choix serait in fine de " refléter les conséquences économiques de la transition appelée de ses vœux par la société, et à assumer des objectifs cohérents avec leurs conséquences en termes de prix".
Toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne à en croire les chiffres rapportés par Rexecode, ceux-ci faisant état de "grands consommateurs industriels, [qui] paient un prix en moyenne plus faible, alors que les plus petits consommateurs et les PME font face à un prix final plus élevé, qui répercute les chocs de marché avec plus d’inertie". L’extension du marché carbone à venir étant susceptible de pénaliser davantage les firmes les plus petites, celles-ci disposant de moins de marge de manœuvre pour faire face aux hausses de coûts engendrés. Parmi les sujets préoccupants, on retrouve également celui de l’électrification des usages, qui ne se matérialise pas pour l’heure dans les chiffres de la consommation. Une situation en partie due à la sobriété énergétique qui est de mise dernièrement, ne conduisant pas à développer l’offre à la mesure de la possible hausse de la production future et pouvant conduire à une potentielle non-adéquation entre l’offre et la demande.
Trajectoire
Pour aider définitivement à y voir clair, Raphaël Trotignon, en charge du pilotage des travaux du pôle Energie-Climat de Rexecode, rappelle qu’aujourd’hui l’enjeu " n’est plus de répondre à une demande globale en croissance, mais de piloter une transformation du mix énergétique au sein d’une enveloppe qui se contracte ". Les donnés montrent qu’effectivement l’électricité a vu sa part dans la consommation finale d’énergie passer de 20 % à 26 % entre 1990 et 2024, un laps de temps durant lequel le charbon en a été évincé et que les bioénergies comptent désormais pour 14 % contre 8 %. Le gaz résistant depuis quelques années à près de 19 % pendant que les produits liés au pétrole passent de la moitié des usages à 38 %. Des progrès notables qui laissent cependant une marge de progression certaine.
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