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Macro-économie / Taux / ing / économie / France

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L’économie hexagonale fait grise mine / La croissance tricolore aura du mal à tenir le cap

Les mauvaises nouvelles s’enchaînent ce mercredi pour l’économie française, qu’il s’agisse du chômage ou de l’inflation. Le premier a atteint 8,1 % - un niveau plus observé depuis 2021 - tandis que le deuxième indicateur est passé de 1,7 % - sur un an - en mars, à 2,2 % en avril. Une conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient et de ses implications sur les prix de l’énergie.
Photo par BENJAMIN VODANT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par BENJAMIN VODANT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Une prévision qui a du plomb dans l’aile. Le gouvernement avait déjà été contraint de réviser à la baisse sa prévision de croissance à la mi-avril - de 1 % à 0,9 % -, tout semble indiquer que cet objectif ne sera pas tenu au vu des dernières données. Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, commente pour WanSquare les chiffres parus ce matin, en expliquant que les « signaux conjoncturels sont plus détériorés que prévu et qu’il est probable que la prévision de croissance du gouvernement est à oublier ». Elle table de son côté sur un chiffre de l’ordre de 0,6 % pour l’année 2026.

Une révision à la baisse de plus qui s’explique notamment par le front de l’emploi. Sur lequel elle explique que « dépasser à nouveau les 8 % est le signe d’une détérioration plus forte que ce que j’anticipais ». L’économiste ne voit pas pour autant un effondrement se produire, mais plutôt une dynamique qui se détériore un peu plus vite que prévu. Son analyse de la situation ne voit pas beaucoup de signaux d’amélioration et ce même en cas de fin prochaine des affrontements, associée à une baisse des prix de l’énergie. Le moteur de ces mauvais chiffres de l’emploi étant avant tout à trouver dans une économie tricolore pour le moins faible.

 

Accélérer

 

Le gouvernement n’est pas le seul qui voit ses chiffres subir l’épreuve du réel, la Banque de France tablait en effet sur un taux de chômage de l’ordre de 8 % pour cette année. La tendance n’est pas à un retournement de la situation et aura indubitablement des conséquences en cascade. Charlotte de Montpellier voit dans ce début d’année le signe de « la fin de la croissance riche en emploi connue en France par le passé, le ralentissement économique se propage désormais au marché du travail et ce n’est pas une bonne nouvelle du tout ».

Loin de l’optimisme du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, lequel évoquait ce matin « un petit dérapage sur le taux de chômage », insistant sur le fait qu’il était essentiellement « à court terme et compte tenu de l’environnement économique ». L’économiste d’ING explique à WanSquare que, malgré la hausse de l’inflation constatée ce matin, celle-ci demeure inférieure à celle enregistrée par nombre de ses voisins et qu’il ne faut pas y voir uniquement un atout en termes de compétitivité. Bien que cette donnée puisse être positive concernant l’impact du choc actuel sur la France, elle s’explique avant tout par la faiblesse de l’économie tricolore et que pour cette raison, « elle peut difficilement avoir des pressions inflationnistes ».

 

Structurel

 

Pour autant, l’Hexagone dispose effectivement d’atouts permettant de faire face au choc énergétique, grâce à la façon dont les contrats y sont souscrits et au temps incompressible associé aux renégociations annuelles. Difficile cependant de voir l’économie redécoller dans les semaines et mois à venir, l’indicateur avancé que constitue le marché du travail étant associé à un ralentissement des progrès futurs. L’observation de l’économie tricolore faite par Charlotte de Montpellier ne lui permet également pas de distinguer de signe d’une amélioration substantielle de la productivité.

Elle explique à WanSquare que, bien que « conjoncturellement cela puisse s’améliorer, étant donné que les emplois les moins productifs sont souvent les premiers à être touchés par une hausse du chômage. Cela n’est en rien associé avec un futur plus productif sur le moyen terme ». D’autant plus que le vieillissement de la population ou l’adoption plus lente du progrès technologique en Europe n’ont pas disparu pour autant.

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