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Banque Mondiale / Commodities / pétrole
La Banque mondiale voit les prix des matières premières poursuivre leur chute / Leurs cours devraient atteindre l’an prochain un plus bas en six ans
L’or noir entraîne les autres matières premières dans sa chute. L’hydrocarbure figure effectivement en bonne place dans les raisons avancées par la Banque mondiale pour expliquer cette baisse attendue des cours l’an prochain dans la droite ligne des derniers exercices. Ses experts considérant que c’est le résultat produit par un cocktail composé d’un excédent pétrolier croissant, d’une croissance économique mondiale atone et enfin d’une incertitude politique persistante.
De quoi engendrer un impact positif immédiat à en croire Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale, celui-ci arguant que "le recul significatif des cours de l’énergie a permis de faire baisser l’inflation mondiale des prix à la consommation". Une opportunité à saisir promptement explique-t-il puisque "ce répit ne durera pas" et qu’il faut "tirer parti de la situation actuelle pour remettre de l’ordre dans les finances publiques, améliorer l’environnement des affaires et accélérer les échanges commerciaux et les investissements". Des vents haussiers pourraient effectivement à nouveau souffler sur les cours des matières premières.
Retournement
La prudence est en effet de mise tant les tensions géopolitiques et les conflits sont susceptibles de conduire les cours du pétrole à augmenter et ou encore à exacerber la demande de matières premières refuges à l’instar de l’or et l’argent. Le cours moyen annuel de l’argent est attendu en hausse de 8 % en 2026 et celui de la relique barbare de 5 %. Le cas de l’or noir fait l’objet d’une attention particulière avec le rappel que " l’impact de sanctions supplémentaires sur le marché est également susceptible d’entraîner une hausse des prix supérieure aux prévisions de référence".
Tout n’est pas pour autant dans les mains des puissants de ce monde, avec des phénomènes météorologiques capables de "perturber la production agricole et accroître la demande d’électricité pour les besoins de chauffage et de refroidissement, ce qui viendrait accentuer la pression sur les prix de l’alimentation et de l’énergie". On pense évidemment au phénomène La Niña, dont une plus forte virulence pourrait bien être observée. D’autres dynamiques sont nouvelles, tels que les besoins liés à l’intelligence artificielle, cette dernière étant friande d’une part de métaux tels que le cuivre ou encore l’aluminium, mais d’autre part d’énergie pour faire fonctionner ses serveurs.
Rétrospective
Les équipes d’Indermit Gill se montrent pour le moins critiques vis-à-vis des "nombreuses initiatives prises par le passé - contrôles des stocks, quotas de production et restrictions commerciales - [lesquelles] ont contribué à stabiliser les prix de certains produits de base à court terme, [pourtant] peu d’entre elles ont débouché sur des résultats durables". Tout en reconnaissant que l’accord international de ce type est l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), il est considéré qu’elle "peine à maintenir son influence sur le marché mondial, en particulier lorsque les prix sont élevés et qu’ils encouragent une concurrence accrue de la part de producteurs non-OPEP". Paradoxalement son pouvoir le plus conséquent semble être dans les périodes récentes où les cours sont bas et face auxquels la rentabilité de certains acteurs est menacée.
La situation actuelle procure à Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, l’espoir que "l’élimination progressive de subventions aux carburants coûteuses puisse libérer des ressources pour le développement des infrastructures et du capital humain, des domaines qui créent des emplois et renforcent la productivité à long terme". À l’écouter la reconstitution des marges de manœuvre budgétaires semble pouvoir s’opérer de cette façon dans un certain nombre de pays. Il estime sa théorie d’autant plus pertinente que la surabondance de l’offre mondiale de pétrole devrait encore progresser en 2026 et ce jusqu’à atteindre un niveau supérieur de 65 % au pic enregistré en 2020. Les projections de l’institution sur le prix du baril de Brent tablent sur un recul de ce dernier, le voyant passer de 68 dollars en moyenne en 2025 à 60 dollars en 2026, soit son plus bas niveau depuis cinq ans. L’ensemble des produits énergétiques devrait également connaître une chute de ses cours de 12 % en 2025, puis de 10 % l’année suivante.
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