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Macro-économie / Taux / Afrique / Coface / économie

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Afrique / Coface / économie

Ce géant africain qui tarde à retrouver sa vitesse de croisière / L’Afrique du Sud reste enlisée dans un régime de croissance faible

Des atouts majeurs qui ne peuvent être exploités tant les problèmes structurels de la nation arc-en-ciel minent son économie. Aroni Chaudhuri, économiste Coface pour l’Afrique, expliquant qu’un système énergétique défaillant associé à un marché du travail déficient empêche l’Afrique du Sud de concrétiser les promesses placées en elle.
Drapeau de l'Afrique du Sud. Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Drapeau de l'Afrique du Sud. Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le mauvais élève des BRICS. Une des économies africaines les plus prometteuses au début du siècle n’a décidément pas pris le même virage que nombre d’économies émergentes du continent asiatique ou d’Amérique latine. Pire encore explique Aroni Chaudhuri, économiste Coface pour l’Afrique, il s’avère même que le PIB par habitant était supérieur en 2007 aux niveaux de l’année 2025. Il constate également que nombre d’indicateurs sociaux font grise mine et il rapporte que le chômage est à un plus haut alors que les infrastructures se dégradent avec le temps et que la pauvreté augmente.

Une décrépitude que l’économiste attribue en grande partie à l’effondrement d’un des grands points forts de l’économie sud-africaine ; à savoir l’électricité qu’il considère être devenu aujourd’hui ni plus ni moins que son "talon d’Achille". Nul besoin d’aller chercher très loin les raisons expose-t-il, puisqu’il s’avère que le secteur souffre de "dépenses d’investissement en termes réels [qui] ont chuté à partir de 2012 et ne se sont pas redressées à temps ". Le monopole public - Eskom - contrôlant une immense part de la production, 90 %, et s’illustrant par son sous-investissement.

 

Lueurs

 

Pour regarder les signes d’espoir, Aroni Chaudhuri désigne " l’arrivée d’un gouvernement de coalition en 2024 marque un tournant politique inédit et pourrait introduire davantage de pluralisme et de contrôle". Certaines réformes structurelles visant à privatiser une partie du secteur énergétique ou encore à simplifier la réglementation sur les entreprises sont lancées.

Pas de miracle à espérer cependant, il faudra attendre plusieurs années pour que l’Afrique du Sud retrouve le rythme qui était le sien. Il faut dire que la nation arc-en-ciel dispose encore à la fois de "la base industrielle la plus développée d’Afrique, d’un secteur financier robuste, d’une banque centrale crédible et d’une intégration complète dans les circuits commerciaux et financiers mondiaux ".

Même avec des réformes ambitieuses, il faudra plusieurs années pour que l’Afrique du Sud retrouve son potentiel : celui d’une économie émergente dynamique et prometteuse comme imaginée dans les années 2000. Pour ce faire, le pays conserve des atouts considérables : la base industrielle la plus développée d’Afrique, un secteur financier robuste, une banque centrale crédible et une intégration complète dans les circuits commerciaux et financiers mondiaux. Si les contraintes structurelles sont levées, l’Afrique du Sud pourrait capitaliser sur la croissance régionale africaine et retrouver sa place de puissance continentale

 

Racines

 

La genèse est lointaine selon l’expert avec des prix de l’électricité qui ont été "maintenus artificiellement bas pour soutenir les industries énergivores" et ce jusqu’en 2008. Ainsi, bien que les autorités aient "enfin adopté une politique tarifaire plus réaliste, il était déjà trop tard : les infrastructures vieillissantes multipliaient les pannes, la demande baissait, et Eskom s’est retrouvé piégé dans un cercle vicieux d’endettement".

Comme un symbole du gâchis, l’expert du continent décrit une dynamique tout autre au début du siècle avec une croissance annuelle de l’ordre de 4,3 % et une consommation des ménages au beau fixe. Cependant un triptyque d’évènements a fait dérailler le wagon sud-africain du train des économies émergentes ; il a en effet dû successivement affronter les turbulences de la crise financière de 2008, l’arrêt du super cycle des matières premières en 2014 et enfin le choc pandémique. L’investissement dynamique par le passé ne pèse plus qu’uniquement 14,5 % du Produit intérieur brut et s’avère "insuffisant pour stimuler l’économie et renouveler les infrastructures existantes, et bien en deçà des niveaux de pays comparables ".

Impossible d’évoquer le pays dirigé par Cyril Ramaphosa sans évoquer les conséquences de l’apartheid qui se traduit encore aujourd’hui par un découplage entre les bassins de populations et les centres économiques. Ce qui n’aide pas le taux de chômage à diminuer, avec quelque 33,2 % il figure parmi les plus conséquents de la planète. La désindustrialisation amorcée il y a près de deux décennies et les quelque 42 % de la population active sans diplôme secondaire n’aident pas à améliorer la situation.

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