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La croissance chinoise ne marque pas (encore) le pas / Le troisième trimestre est meilleur qu’attendu
Les objectifs pourraient bien être tenus. Malgré un chiffre de croissance de son PIB 4,8 %, en glissement annuel, pour le troisième trimestre qui marque une baisse, il s’avère que depuis janvier la progression est de 5,2 %. Ses dernières semaines auront vu l’industrie voler au secours de la croissance de l’Empire du Milieu.
C’est notamment l’opinion de Lynn Song, économiste chez ING, lequel explique que les "données du PIB meilleures que prévu sont probablement dues en partie à un fort rebond de la production industrielle à 6,5 % en glissement annuel en septembre, qui bénéficie d’une demande extérieure résiliente ". Les récentes données devraient permettre à la Chine de réaliser son objectif de croissance annuel, de l’ordre de 5 %, et ainsi envoyer un message que la nécessité de mesures de soutiens plus prononcées a diminué. Une lecture qui "pourrait s’avérer être une erreur" plaide l’économiste étant donné que "la tendance de fond plaide en faveur d’un soutien politique accru".
Nuages noirs
Pas de quoi écarter en effet deux problématiques majeures pour l’économie chinoise, d’une part elle souffre encore et toujours d’une "faiblesse de la confiance [qui] continue d’être un facteur majeur qui pèse sur l’activité économique intérieure. La consommation a continué de ralentir à 3,0 % en glissement annuel en septembre" et de l’autre il semble que le marché immobilier "continue de représenter un frein majeur à l’économie chinoise, avec une baisse de -13,9 % en glissement annuel des investissements immobiliers".
Des inquiétudes que l'on pouvait déjà trouver dans les récentes perspectives du Fonds monétaire international, lesquelles expliquaient que l’économie chinoise tout entière "menace de basculer dans la déflation par la dette" et que le modèle de croissance reposant largement sur l’exportation manufacturière n’était pas considéré comme durable. Le secteur immobilier est lui considéré comme étant "encore fragile quatre ans après l’éclatement de sa bulle", de quoi contribuer à ce que l’institution considère que les "risques pour la stabilité financière sont élevés et en hausse, car l’investissement immobilier continue de se contracter".
Structurel
Un scénario est à redouter à en écouter Lynn Song, celui d’une spirale déflationniste qui enraye les efforts de l’Empire du milieu pour se réinventer. Ce dernier cherchant en effet à "s’orienter vers un modèle de croissance davantage axé sur la demande intérieure". L’économiste estime qu’il demeure plusieurs leviers à actionner afin de soutenir le marché immobilier ; consistant en un assouplissement des restrictions à l’achat, une baisse des taux ou autres achats des logements invendus.
Pour l’heure l’incertitude liée à la guerre commerciale lancée par Donald Trump n’aide pas à ramener la confiance et explique notamment que les investissements étrangers connaissent une baisse de 12,6 % en glissement annuel depuis le début de l’année. Les équipes d’ING suivront de près la réunion plénière du comité central du Parti communiste chinois - se déroulant du 20 au 23 octobre -, tant il devrait y être possible d’y retrouver des indices sur le 15e plan quinquennal de la Chine. Il faudra certes attendre qu’il soit officiellement approuvé lors des deux sessions de l’année prochaine pour en connaître la teneur exacte, il n’en sera pas moins possible d’obtenir un "aperçu de la façon dont la Chine prévoit de naviguer dans un environnement extérieur de plus en plus difficile ". Lequel n’échappera pas non plus aux investisseurs.
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