Macro-économie / Taux / terres rares / pékin / Zone euro
Macro-économie / Taux
terres rares / pékin / Zone euro
Difficile pour l’Europe d’échapper à la mainmise chinoise sur les terres rares / La souveraineté se construira dans le temps long
L’Europe pourrait bien essuyer les plâtres de la politique commerciale chinoise. Un arrêt soudain des flux de terres rares chinoises à destination des États-Unis pourrait bien entraîner des conséquences douloureuses pour la zone euro. Celle-ci a déjà souffert récemment – pas plus tard qu’en juin - de flux restreints provenant de Chine, obligeant l’industrie automobile à mettre provisoirement à l’arrêt une partie de son appareil productif. La situation avait alors été débloquée partiellement grâce à des négociations au plus haut niveau accélérant l’obtention de licences d’exportations.
Pour autant les pays usant de la monnaie unique ne sont pas tirés d’affaire, loin de là à en croire la publication de plusieurs économistes de la Banque centrale européenne (BCE). Leur étude des chaînes de valeur les conduit à expliquer que "les entreprises américaines constituent le principal intermédiaire pivot, fournissant aux entreprises de la zone euro des biens transformés dérivés des terres rares ". Un grand nombre de firmes basées outre-Atlantique ayant un rôle central dans un grand nombre de productions stratégiques – aimants de précision ou autre semi-conducteurs – pour lesquelles elles s’approvisionnent en matières premières chinoises.
Avenir
La problématique est d’autant plus concrète que la zone monétaire n’a que peu d’intermédiaires américains directs entre ses entreprises de la zone euro et les exportateurs chinois de terres rares. Ils n’ont beau n’être qu’au nombre 157, ils n’en jouent pas moins un rôle essentiel dans les chaînes d’approvisionnements et la moindre difficulté rencontrée par l’un d’entre eux peut pénaliser l’économie européenne. De quoi laisser apparaître une dépendance européenne bien plus problématique et généralisée qu’à première vue.
Difficile d’imaginer qu’on puisse mettre fin à une telle situation en quelques mois ou mêmes années, les économistes considèrent que pour l’heure la zone euro "reste exposée aux risques inflationnistes et économiques en raison de sa dépendance à l’égard de la Chine pour l’approvisionnement en terres rares de ses industries critiques ". La loi sur les matières premières critiques (Critical Raw Materials Act) doit certes permettre à l’Union européenne, elle demeure une initiative récente qui mettra du temps à monter en puissance.
Observer
Pas question d’attendre pour les économistes que la filière du recyclage se raffermisse, que des sources d’approvisionnements nouvelles émergent ou encore que des mines soient ouvertes ou rouvertes sur le sol européen. Selon eux, il faut poursuivre le travail de cartographie de nos vulnérabilités potentielles tout au long des chaînes d’approvisionnements. Pas d’inquiétudes démesurées à court terme, expliquent-ils, avec des "indicateurs actuels [qui] ne suggèrent pas que les pressions sur la chaîne d’approvisionnement et les hausses de prix soient imminentes", une situation susceptible d’évoluer très rapidement et ce en raison d’une offre mondiale utilisée comme une arme géopolitique par Pékin.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

