WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Inflation / Zone euro / France

Macro-économie / Taux
Inflation / Zone euro / France

L’inflation tricolore est demeurée bien sage en fin d’année / Les prix de l’énergie n’y sont pas étrangers

Les prix à la consommation en France - sur un an - n’augmenteraient que de 0,8 % au mois de décembre. Cette estimation provisoire de l’INSEE fait suite à une hausse de l’ordre de 0,9 % lors du mois de novembre, l’institution évoque la baisse sensible des prix de l’énergie et tout particulièrement ceux des produits pétroliers. L’écart avec celle de la zone euro est toujours sensible et s’il peut bénéficier à la compétitivité de l’Hexagone, il ne facilite pas la tâche de la BCE.
Supermarchés français. Photo by Serge Tenani / Hans Lucas via AFP
Supermarchés français. Photo by Serge Tenani / Hans Lucas via AFP

Un écart qui peut difficilement être éludé. L’inflation en France sur un an demeure sensiblement éloignée de celle du reste de la Zone euro. L’estimation provisoire proposée par l’INSEE - elle sera confirmée ou non le 15 janvier - établit en effet un écart conséquent par rapport aux 2,0 % d’inflation pour la Zone euro, qui aurait pu être plus grand sans l’accélération relevée pour les prix de l’alimentation. Portée par celle des produits frais notamment, elle ne peut guère compter sur d’autres moteurs soutenant la hausse des prix.

On relève en effet que si sur un an, "les prix des services et du tabac évolueraient au même rythme qu’en novembre", il s’avère que les prix des produits manufacturés diminuent "à un rythme moins soutenu qu’au mois précédent". En ayant recours à l’indice des prix à la consommation harmonisé - pensé pour permettre une comparaison plus aisée entre les économies de la zone euro - on relève une hausse de 0,7 % en décembre 2025, après une augmentation de 0,8 % en novembre.

 

Hivernal

 

En regardant la variation sur un mois, on note un rebond de 0,1 % pour décembre après une baisse de 0,2 point au titre de novembre. L’INSEE explique ce "rebond saisonnier des prix des services, notamment de ceux des transports, et dans une moindre mesure par une légère augmentation des prix de l’alimentation". Les prix de l’énergie sont bel et bien annoncés en baisse tout comme ceux des produits manufacturés.

La divergence entre l’inflation harmonisée tricolore et celle du reste de la zone euro est sensible, elle s’inscrit, selon Lucile Bembaron, économiste chez Asterès, dans la lignée de l’écart de 1,3 point constaté en novembre. Ce qui est très largement au-dessus de la moyenne historique de 0,2 point - sur la période 1999-2019 - et pour l’économiste cette nouvelle " complique sensiblement la conduite de la politique monétaire de la Banque centrale européenne ". Elle estimait le mois dernier qu’au vu du "contexte français marqué par une inflation très faible, une croissance certes positive mais dépourvue de véritable moteur, et des tensions persistantes sur les obligations souveraines une nouvelle baisse des taux serait souhaitable" pour l’Hexagone, moins pour une grande partie de la zone euro.

 

Divergence

 

En effet d’autres pays européens ont encore quant à eux une inflation bien plus importante tout comme leur rythme de croissance et ne tireraient pas autant de bénéfices d’un nouveau mouvement baissier. Reste à savoir si le rythme de croissance et d’inflation va finir par converger au sein de la zone euro. John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, expliquait quant à lui en ce début de semaine qu’en matière de politique monétaire "le principal risque pour 2026 reste celui d’un mauvais calibrage monétaire ". Il redoute qu’après " plusieurs années d’ajustements fins, une réaction trop tardive ou trop prudente des banques centrales face à un choc inflationniste, budgétaire ou financier pourrait raviver la volatilité des taux et des actifs risqués".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article