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Macro-économie / Taux / Banque de France / Zone euro / Banque centrale

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Banque de France / Zone euro / Banque centrale

La Banque de France s’offre un retour dans le vert / Une meilleure passe cyclique saupoudrée d'une opération exceptionnelle

En 2025, la Banque centrale française a dégagé un bénéfice, ce qui n’était plus arrivé depuis 2021. Elle le doit à la normalisation de la politique monétaire en zone euro et à la mise aux normes de son stock d’or, celle-ci ayant généré une plus-value sensible.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Photo par FABRICE COFFRINI / AFP
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Photo par FABRICE COFFRINI / AFP

La Banque de France renoue avec les bénéfices. L’institut d’émission a réalisé un bénéfice de 8,120 milliards d’euros en 2025, après une perte de 7,734 milliards d’euros en 2024. C’est la première fois depuis 2021 que son résultat net se situe en territoire positif. Ce bénéfice permet, après dotation obligatoire de la réserve spécifique à hauteur de 0,4 milliard d’euros, d’apurer intégralement le report à nouveau négatif constitué à l’issue de l’affectation du résultat de l’exercice 2024.

Au cours de sa conférence de presse, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a notamment mis en avant deux déterminants de l’exercice 2025.

Oui, la politique monétaire continue de générer une charge nette mais dans une bien moindre mesure. Pour mémoire, au cours de la décennie passée, dans le cadre des programmes d’achat d’actifs déployés pour éviter la déflation, les titres, acquis à des taux fixes bas sur des échéances longues, ont eu pour contrepartie au passif des dépôts bancaires rémunérés au taux de la facilité de dépôt (il avait été fortement remonté lors de l’inflation élevée), constituant des charges pour les Banques centrales.

Or, en lien avec la désinflation à l’œuvre en zone euro, la poursuite de la baisse des taux directeurs en 2025 couplée à la réduction de la taille du bilan de la Banque de France (quantitative tightening – QT) a permis de faire progresser son revenu monétaire de 10,2 milliards d’euros. Il demeure toutefois en territoire négatif à hauteur de 5,2 milliards d’euros. « Cette situation est observable chez toutes les banques centrales, au sein et en dehors de l’Eurosystème, ayant conduit des politiques monétaires non conventionnelles », a déclaré François Villeroy de Galhau.

Dans le détail, la rémunération moyenne de l’excédent de liquidité fut de 2,26 % (contre 3,7 % en 2024) tandis que les obligations détenues au titre de la politique monétaire ont rapporté 0,68 %.

Par ailleurs, la Banque de France a bénéficié d’un élément exceptionnel en rapport avec son stock d’or. « Des opérations de mise aux normes du stock d’or ont été réalisées à travers des opérations de marché visant à céder des barres non conformes et à acheter des barres aux normes », a indiqué François Villeroy de Galhau. Ces opérations n’ont eu d’impact ni sur le volume (2437 tonnes) ni sur la valeur totale du stock d’or (287,48 milliards d’euros à fin 2025), mais elles ont entraîné l’enregistrement d’un résultat de change de 11 milliards d’euros (et 1,8 milliard d’euros pour 2026).

Fin 2025, après absorption de ses pertes passées, la Banque de France disposait d’une situation nette (constituée des capitaux propres et des plus-values latentes sur les actifs détenus) de 283,4 milliards d’euros. "C’est l’agrégat à retenir", a fait valoir François Villeroy de Galhau.

Au sein de ces fonds propres nets, elle conserve une réserve de réévaluation des réserves de change et en or de l’État (RRRODE) de 11,4 milliards d’euros "suffisante pour couvrir les futures charges monétaires", souligne-t-on rue Croix-des-Petits-Champs.

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