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Macro-économie / Taux / Inflation / Zone euro / Moyen-Orient

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Inflation / Zone euro / Moyen-Orient

Zone euro : l’inflation referait-elle déjà des siennes ? / Une hausse davantage relative que généralisée des prix

Tirée par l’envolée des prix de l’énergie sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, l’inflation dans la zone euro est repartie nettement à la hausse en mars. Si les pressions sous-jacentes restent contenues, l’équilibre demeure fragile pour les mois à venir.
Photo par MATHIEU THOMASSET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par MATHIEU THOMASSET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Un sursaut brutal. L’inflation dans la zone euro a atteint 2,5 % sur un an en mars, contre 1,9 % en février, selon une première estimation publiée par Eurostat. Un niveau inédit depuis janvier 2025, alimenté par la flambée des prix du pétrole et du gaz dans le sillage du conflit au Moyen-Orient.

Une hausse attendue mais légèrement inférieure aux anticipations des économistes, qui tablaient sur un niveau compris entre 2,6 % et 2,7 %. L’inflation sort en nette hausse en mars comme cela était attendu. L’inflation totale passe ainsi de 1,9 % à 2,5 % au plus haut depuis janvier 2025.

Dans le détail, la composante énergétique a fortement rebondi, avec des prix en hausse de 4,9 % sur un an, après un recul de 3,1 % en février. « C’est la contribution de la composante énergie qui explique la hausse de l’inflation sur le mois alors que cela faisait trois ans que cette composante contribuait à la baisse de l’inflation », souligne Juliette Cohen, stratégiste chez CPRAM.

Cette poussée s’explique directement par la hausse rapide des cours du pétrole et du gaz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient entre une coalition américano-israélienne et l’Iran. « La répercussion des hausses des prix du pétrole et du gaz sur les prix des carburants et de l’électricité va se poursuivre », avertit Juliette Cohen, malgré les mesures mises en place par certains gouvernements pour en atténuer l’impact.

À l’inverse, l’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils, recule légèrement à 2,3 %. Une évolution qui reflète un ralentissement des prix dans les services, les biens industriels et l’alimentation. Ceci est un point important car c’est le comportement de ce type de variable qui influera sur la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever ou non ses taux d’intérêt directeurs, celle-ci souhaitant limiter la diffusion de l’inflation.

Cet apaisement pourrait n’être que temporaire. « Même si la publication est légèrement inférieure à nos attentes, nous anticipons toujours deux hausses de taux de la BCE cette année pour contenir les effets de second tour », explique Haneef Niyas, économiste chez Oxford Economics

Si les effets de second tour restent pour l’instant limités, ils pourraient se matérialiser dans les prochains mois. « Les effets indirects du choc énergétique et les perturbations des chaînes d’approvisionnement devraient exercer des pressions à la hausse par la suite », prévient Haneef Niyas.

Du côté d’ING, le constat n’est pas plus apaisé. « La BCE n’est plus dans sa ‘zone de confort' », lance Bert Colijn, chef économiste de la banque.

Il met en garde contre une propagation plus large : « On ne peut pas analyser la hausse des prix de l’énergie de manière isolée. Le conflit au Moyen-Orient domine les perspectives d’inflation et fait peser des risques à la hausse sur les prix alimentaires et industriels. »

Dans la dernière enquête auprès des directeurs d’achat en zone euro (PMI) menée par S&P Global, ceux-ci rapportaient que les prix payés avaient enregistré leur plus forte augmentation depuis février 2023. Cette accélération reflète une accentuation de la hausse des coûts aussi bien dans le secteur manufacturier qu’au sein des services. Conséquence de cela, la hausse des prix facturés par les entreprises a elle aussi accéléré en mars, même si moins rapidement que les prix payés. Les prix de vente ont toutefois enregistré leur plus forte augmentation depuis février 2024.

Dans ce contexte incertain, Bert Colijn estime que les préoccupations concernant l’ancrage des anticipations d’inflation autour de 2 % seront prioritaires.

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